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 Une bien etrange croisière

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Cléomède Brabantio
Marchand de tapis

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MessageSujet: Une bien etrange croisière    Ven 2 Sep - 12:04

suite de :

"Protection mécanique"

Cléomède s'approcha de la fenêtre, et vit le steamer au loin, rétrécir au fur et a mesure que le Leviathan s'éloignait. Il découvrait un sentiment qu'il n'avait connu depuis longtemps: il ne pouvais rien faire. Il était même complétement a la merci de cet Anubis. Ceci dit, il reconnaissait que l'homme l'avais surpris. C'était certes la première fois qu'il rencontrais des pirates, mais il avais déjà vu des mercenaires, des brigands et des barbares des montagnes a de nombreuses reprises... Il avais jusque-là imaginé qu'un pirate, c'était sensiblement la même chose, le navire en plus.

A la place de cela, il avais eu affaire a un gentilhomme des mers, amoureux des arts, beau parleur, et surtout magnanime avec ses ennemis. On aurais dit a première vue l’archétype du rebelle libre qui inondait les romans a l'eau de rose dont se gavaient les filles de bonne famille. Cependant, Cléomède en était certain, il y avais autre chose. cet homme cachais forcement quelque chose - tout le monde a ses petits secrets - et Cléomède avais bien envie de savoir quoi. Toujours tourné vers la fenêtre, cela faisait longtemps qu'il ne voyais plus l'océan, perdu dans ses pensées. Il ignorait Chail qui gémissait, prostré sur le lit, imaginant les pires tortures. D'après ce qu'il avait vu, ce n'était pas le genre de la maison, cependant, il n'était pas d'humeur a réconforter son secrétaire. Son coffre s’éloignait, et cela le préoccupait bien plus. Pire que ça, cela le mettait mal a l'aise. C'est comme si un morceau de lui même partait, se détachait. Ce coffre représentait en partit le contrôle qu'il avait sur sa propre existence. Et il avait été confié entre les jeunes mains d'un ancien voyou des rues.

Enfin bon, pensa t'il en soupirant. C'est toujours mieux que de le mettre a la merci d'un pirate inconnu.

Il sortit de ses pensées, et prit son courage a deux mains. Il fallait faire taire ce pleutre de secrétaire, ce ne serait pas une mince affaire.


_________________

Le soleil déclinais a l’horizon. Le diner allais bientot arriver. Autant jouer le jeu, alors cléomède mi sa plus belle redingote, d'un vert foncé très élégant, et coupée a la dernière mode. son veston, agrémenté d'une broche solaire en or, était de la mème couleur. La chemise était crème, comme le nœud papillon La dernière touche était évidement l'incontournable haut de forme, vert foncé egalement, mais orné d'un ruban bordeaux ressortant au même titre que la cravate. Son secrétaire s’habillât le plus engament possible egalement, bien que sa livrée noir, son nœud papillon noir et sa chemise blanche ne laissaient aucun doute quant a son rang.

Ils se parfumèrent, puis attendirent qu'on vint les chercher pour le diner.
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Anubis Thorgana
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MessageSujet: Re: Une bien etrange croisière    Sam 3 Sep - 12:24

Il faisait de plus en plus sombre à l'intérieur du bateau. Par la fenêtre, Cléomède pouvait voir l'astre solaire disparaître derrière l'horizon, tandis qu'une nuit paisible s'étendait indifféremment sur l'ensemble de l'Océan. On frappa à la porte de la chambre ; elle s'ouvrit pour laisser passer la tête de Philéas, qui tenait une lanterne à la main.

― Messieurs, il est l'heure. Le capitaine Thorgana vous attends.
Les invitant à le suivre, il conduisit Cléomède et Chail à travers les couloirs. Ils passèrent devant l'escalier qui reliait le pont et poursuivirent leur chemin à la seule lueur de la lanterne de Philéas, jusqu'à atteindre une porte en bois, sculptée de bas-relief illustrant d'étranges créatures, relevée de feuilles d'or savamment collées. Philéas frappa et invita les deux hommes à entrer.

― Ici commencent les appartements privés du capitaine, expliqua-t-il. Moi, je retourne avec l'équipage. Ah, un dernier conseil : évitez de l'énerver... C'est pour vous que je dis ça. Allez, et bon appétit !
Il ouvrit la lourde porte et s'effaça afin de laisser entrer les invités, puis referma la porte derrière eux. La pièce dans laquelle ils arrivèrent était plutôt grande ; les murs étaient agrémentés de plusieurs tableaux aux sujets variés ― deux d'entre eux, sur le mur du fond et encadrant une fenêtre, représentaient respectivement le Léviathan et l'Hydre de Lerne ―, ainsi que de morceaux de tissus richement décorés, parmi lesquels figurait un des tapis de Cléomède. Au centre de la salle se dressait une longue table pouvant accueillir une bonne douzaine de convives ; elle était recouverte d'une nappe blanc nacré sur lesquels dormaient patiemment quelques plats fumants ainsi que des couverts d'argent prêts à l'emploi. Et en bout de table siégeait Anubis, qui se leva dès qu'il vit entrer ses invités. Il était vêtu d'une chemise blanche, qui ne faisait que faire ressortir davantage le noir graisseux de ses cheveux, d'un pantalon de toile brune et de lourdes chaussures noires ― le modèle le plus pratique sur un bateau. Il s'empressa d'accueillir Cléomède et Chail d'un ton qui se voulait poli et joyeux :

― Bienvenue à vous, messieurs Brabantio et... Et ? Excusez-moi...
― Nurrol, Chail Nurrol.
― Messieurs Brabantio et Nurrol, donc. Je vous en prie, asseyez-vous, faites comme chez vous.
Il leur désigna deux chaises, l'une à sa droite et l'autre à sa gauche, et attendit qu'ils se soient exécutés pour s'asseoir à son tour. Il leur versa à chacun un verre de vin rouge dont la robe tirait un peu sur le roux, et les encouragea à le goûter. Il dégageait en bouche de subtiles saveurs de miel, d'épices et de nectar.

― Un vin des îles, commenta Anubis. Produit par une petite localité perdue au milieu de l'Archipel. Vous n'avez sûrement pas de tels vins sur le Continent...
Puis il découvrit les plats qui reposaient sur la table, laissant apparaître des légumes finement cuits, du riz jaunit par l'ajout de safran, et un énorme poisson zébré qui se tenait allongé sur un lit d'asperge, de poireaux et de brocolis. Anubis fit les présentations :

― Un grand congre rayé, Magnaconger Lineatus. Certains spécimens atteignent les trois mètres de long. Nos cuisiniers, expliqua-t-il ensuite, sont très compétents et excellemment doués. Les bons repas comme celui-ci entretiennent le moral des hommes et les garde en bonne santé. Ne croyez pas que vous ou moi ayons le droit à un traitement de faveur : les repas servis sur nos bateau sont souvent comme celui-ci. Habituellement, d'ailleurs, je mange avec mes hommes ou avec les quartiers-maîtres. Cette salle est destinée aux réceptions, mais je ne reçois guère de monde en général... Allez-y, servez-vous.
Une fois que tout le monde fut servi, Anubis se laissa s'affaler confortablement sur sa chaise. Tenant son verre de vin à la main, il fixa à nouveau son regard perçant sur Cléomède, et lui dit :

― Mais parlez-moi donc un peu de vous, monsieur Brabantio. Que représente le Saint Empire d'Abel à vos yeux ?
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Cléomède Brabantio
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MessageSujet: Re: Une bien etrange croisière    Sam 3 Sep - 17:54


Cléomède apprécia du regard le bon gout de son Hôte, mais maintint le silence jusqu'à ce qu'il fut installé. Cependant, ses gestes et son attitude montraient un respect extrêmement mesuré, fermé. Il fut néanmoins surpris par la question que lui posa le capitaine


- Eh bien, c'est difficile a expliquer. Je suppose que l'attachement a sa nation est quelque chose d'assez étranger pour un voyageur apatride comme vous? Vous savez, j'ai moi même voyagé , en haldaran et dans les montagnes notamment, et je pense que c'est en étant loin de son pays - a partir du moment qu'on le connais bien -, qu'on commence a l’apprécier. Vous savez, Syntillia est terrifiante de majesté, mais contrairement a Amber, elle n'est pas belle. C'est ce qui oppose nos deux nations. Abel a quelque chose de plus, comment dire...franc. Certes, le gouvernement par les prêtres n'est pas le plus efficace, cependant, et, bien que je sois entrepreneur, je ne pense pas que c'est a un regroupement de grandes entreprises que l'on doit confier la gestion d'un pays. haldaran s'est détruite dans sa modernisation a marche forcée. Abel, grâce a ses valeurs, se montre plus humanistes... et les querelles internes existes, bien sur, mais l'autorité du primarque les amoindries considérablement. Pour moi Abel, c'est ça: un respect de deux valeurs, piété et honneur, qui, bien qu'imparfaitement respectées - je suis moi même pas très pieux, j'ai même oublié d’honorer le soleil ce soir- qui, mises en regard du mercantilisme forcené l'Haldaran, sont clairement le chemin a montrer pour nos enfants.

Mais dites moi, monsieur Torgana...vous êtes un mystère pour moi: vous parlez peu, et bien que vous soyez très prévenant avec nous, nous savons fort peut de choses sur vous. En quoi croyez vous donc, quel rêve pourchassez vous?
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Anubis Thorgana
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MessageSujet: Re: Une bien etrange croisière    Dim 4 Sep - 11:43

Anubis prit le temps de siroter avec délice son verre de vin des îles, puis le déposa précautionneusement sur la table. Il affichait un air soudainement soucieux et triste.

― Vous vous aventurez dans des terrains étranges, monsieur Brabantio, dit-il avec une note de malice dans sa voix. À vrai dire, je ne saurais pas vraiment quoi vous répondre. Quel rêve poursuis-je ? C'est difficile à expliquer...
Il baissa les yeux quelques secondes, avant de les relever vers son interlocuteur.

― Qu'a donc la vie à nous offrir ? s'écria-t-il. Voyez-vous, ma vie n'a été qu'une succession de vides et de néants indescriptibles... Je souffre d'une maladie chronique que rien n'a pu soigner, et qui m'emporte petit à petit ; et à peine ai-je eu le temps de faire mes premiers pas dans la vie que la perversion du monde abattait sa rage irraisonnée sur moi. Mais je n'ai jamais cessé de lutter... Ma petite sœur Magdalena est morte de la même infection que moi, mais moi, j'ai survécu... J'ai alors développé une certaine curiosité, une envie incessante de tout comprendre ; et pour cela mon propre père m'a renié...
La voix d'Anubis devenait tremblotante au fur et à mesure qu'il parlait. Il se saisit d'une bouteille de rhum qui attendait sur la table, et s'en servit une rasade qu'il vida d'un trait avant de reprendre :

― Ensuite, j'ai découvert que ma fiancée, que je croyais sincère et amoureuse, était surtout intéressée par l'argent dont je devais hériter... Si bien que quand mon père m'a déshérité, elle m'a abandonné à son tour... Elle s'est vite trouvé un nouvel amant riche ; salope, quand j'y songe... Excusez-moi !
Se ressaisissant tout d'un coup, il but une autre gorgée de rhum et rendit à sa voix le timbre vaguement guttural et inquiétant qui le caractérisait.

― C'est comme ça que j'ai compris, continua-t-il, que chaque personne est irrémédiablement seule dans la vie. Aucune famille, aucune société ne saurait rendre quelqu'un heureux ; et par ailleurs ni le bonheur ni l'amour n'existent. Et ce n'est certainement pas un Dieu-Soleil qui y remédiera... Sans vouloir vous offenser, monsieur Brabantio.
Anubis sourit, et il y avait quelque chose d'infernal dans ce sourire.

― Fort de ces constats, reprit-il, j'ai compris qu'on ne pouvais compter que sur soi. Et la piraterie offre toute la liberté dont rêve un homme pour accomplir son chemin. L'argent reste secondaire pour moi, comprenez-vous ; la piraterie est ce qui me permet de vivre en narguant les autorités de l'Archipel qui me recherchent depuis plus de sept ans, en découvrant le monde et ses merveilles, en faisant des rencontres aussi intéressantes qu'inattendues, et surtout de voir mon équipage être heureux sous mes ordres... Puisque je ne serai jamais heureux et que je traînerai ma maladie jusqu'à ma mort, j'erre sans but sur l'Océan pour profiter de la vie autant qu'elle nous y autorise, et je soulage de temps en temps ma souffrance et ma haine dans la violence la plus atroce...
Anubis se leva et alla chercher une petite seringue qu'il se planta dans le bras comme il l'avait fait sur le pont du steamer.

― Je n'ai fait que survoler seulement ma manière de penser, conclut-il, il faudrait plus d'une soirée pour tout comprendre. Mais retenez qu'il est fréquent chez moi que mes actes n'aient pas plus de sens que la vie elle-même... Et par respect pour votre piété, j'éviterais certains sujets... Mais comprenez au final que je ne crois plus en rien.
Il laissa un silence s'installer puis demanda à Cléomède :

― Et vous, monsieur Brabantio, pensez-vous avoir, par l'attachement à votre nation, votre commerce ou je ne sais quoi, davantage de sens dans le déroulement de votre vie ? Quels sont donc vos buts exacts dans ce monde ?
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Cléomède Brabantio
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MessageSujet: Re: Une bien etrange croisière    Dim 4 Sep - 12:34

Cette réponse surpris Cléomède, car elle dévoilais un homme plus faible qu'il n'y paraissait, un homme plein de doute

-Eh bien, moi qui m'attendait a une tirade sur la liberté ou que sais-je... Mais je vous rejoints sur un point: nous sommes tous seuls. Je fus marié par intérêt, et a cause de mon travail, je n'ai bien connu ni ma femme, ni mon fils... Il est promis a une brillante carrière chez les templiers, mais je n'y suis pour rien...nous sommes des inconnus l'un pour l'autre. Mais oui, mon travail me réconforte, me donne l'impression de servir a quelque chose...vous savez, l'industrie d'Abel est limitée, et c'est de peux si nos marchés ne sont pas inondés de produits importés...c'est avec des entreprises comme la mienne -où les autres- que l'on fait vivre une région, que l'on permet a des familles de se nourrir... ça me réconforte un peut, mais cela n'efface pas la sollitude. Vous savez, si je parcours le monde a la recherche de contrats juteux, c'est par sens du défis... et aussi parce que je m'ennuis terriblement dans la gestion au quotidien de la manufacture...Et croyez moi, savoir qu'une entité divine, que l'on espère bienveillante a son égard, nous regarde, avoir quelque chose a prier en temps de doute...cela permet vraiment d'avancer...où du moins de mettre ses doutes de coté pour un moment de manière a ce qu'ils ne vous encombre pas
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Anubis Thorgana
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MessageSujet: Re: Une bien etrange croisière    Lun 5 Sep - 9:08

Voyant que les assiettes et les plats étaient presque vides, Anubis s'appliqua à débarrasser un peu la table, puis s'éloigna quelques instants avant de revenir avec trois quarts d'une petite meule de fromage. Il invita les deux hommes à se servir, puis s'assit et se coupa une bonne tranche qui mangea tranquillement avec un morceau de pain. Il paraissait satisfait. Ce Cléomède avait une conversation intéressante, et lui ressemblait un peu sur certains points.

― S'il devait y avoir quelque part une entité divine, dit-il d'un air songeur, elle rirait bien en me voyant... Pour moi les dieux restent de simples symboles ; ils incarnent des choses dans lesquels l'homme se retrouve. Le besoin de l'espoir, d'être rassuré... Mais à quoi bon ? Rien de ce que l'on souhaite n'arrive jamais... Ne sont possibles que les choses qui ne dépendent que de nous, et encore faut-il se donner les moyens de les accomplir ; tout ce qui dépend des autres vous nuit nécessairement, soit parce que cela leur profite, soit parce que cela sert une bassesse d'esprit exécrable... La prière ne m'a jamais servi, monsieur Brabantio. Astérion n'est à mes yeux qu'une boule de lumière aveuglante qui aide les hommes à se fabriquer de l'espoir, et en ce sens c'est une forme de dépendance qui s'installe... Dépendance qui profite avant tous aux prêtres. Mais je ne crois pas en l'espoir. La réalité est vide de sens, seuls notre cœur et notre cerveau sont vrais pour nous... Vous vous attendiez à de grands discours sur la liberté, mais la règle à ce propos est simple : il faut apprendre le culte de soi ; à cette condition seulement un homme peut s'affirmer et se sentir libre. Ce n'est qu'une question de choix... Mais il faut renoncer à l'espoir, c'est pourquoi cela ne plaît guère aux croyants, qui préfèrent oublier cette possibilité dans la figure, injustement honnie selon moi, d'Azgarghüll...
Aucun homme sincèrement pieux ne pouvait tressaillir lorsque quelqu'un prononçait ce nom. Azgarghüll était le principal démon des cultes noirs, mentionné seulement dans les écrits les plus sombres ; il s'agissait du dieu de l'Éclipse, représenté comme un gigantesque loup noir à deux têtes, renfermant le soleil dans l'une de ses gueules. Le mentionner ainsi était un pur blasphème. Considérant peut-être qu'il était allé trop loin, car il respectait son interlocuteur, Anubis revint sur le sujet principal.

― Mais voyez-vous, expliqua-t-il, je pense que le doute est un sentiment important qui est peut-être un peu trop négligé de nos jours... Car par le doute, nous nous remettons constamment en question, et cela nous permet de prendre davantage de recul par rapport à nos actes. Une bonne stratégie, par exemple, ne peut être obtenue que par un examen approfondi de toutes les éventualités, et du moyen d'y pallier. On a souvent vu des défaites catastrophiques survenir suite à un excès de confiance en soi... Et il en va de même pour le reste des situations, l'image est assez explicite je pense... Le doute doit servir de point d'appui pour mener à bien l'accomplissement de ses désirs... Qu'en pensez-vous ? N'avez-vous donc jamais douté ?
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Cléomède Brabantio
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MessageSujet: Re: Une bien etrange croisière    Sam 10 Sep - 19:48

Cléomède et Chail blêmirent en entendant le nom du Gardien des Ombres, et alors que Chail, le regard apeuré, murmurais les incantations de protection, Cléomède ne put que fustiger du regard son hôte, un rictus de haine dévoilant ses dents

- Ne vous avisez plus jamais de prononcer ce mot en ma présence. Jamais.

puis il se radoussit, et décida d'expliquer

- Prononcer ce nom est puni de mort a Abel. Le clergé solaire est stricte a ce sujet : il attire les ombres, le pêché et la corruption. Et de mémoire, le clergé d'Asterion est egalement intraitable sur ce sujet.


Chail continua

- Ce mot, je ne l'ai entendu qu'une fois, au catéchisme. Et le prêtre s'était purifié avant et après prononcé. Le but du cour était clair : nous montrer ce mal une fois, pour nous en éloigner a tout jamais.

Abel était réputé pour son éducation religieuse stricte. Toute la population y avais accès, y compris les classes populaires les plus basses. c'était le ciment du pays, sa cohésion, et si, en vieillissant, nombreux étaient ceux a douter de l’abnégation des prêtres qui dirigeaient le pays, ils y voyaient l'effet d'Azgarghüll, et ne doutaient jamais de leur Dieu. A Abel, tous ont peur du noir...

-Quant au reste de vos élucubrations, poursuivit Cléomède , je préfère ne pas relever. Changeons de sujet, voulez vous ? Vous devez, je pense, bien connaitre Shaikos et les principautés... a votre avis,a quoi dois-je m'attendre?
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Anubis Thorgana
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MessageSujet: Re: Une bien etrange croisière    Sam 17 Sep - 17:41

Anubis n'avait jamais vu auparavant la réaction un abélien lambda à l'évocation du dieu de l'Éclipse. Et intérieurement, il jubilait quelque peu. Cela lui paraissait tellement stupide... Comment était-il possible qu'encore aujourd'hui l'on puisse trouver des hommes mûrs, souvent courageux et intelligents, qui blêmissaient et tremblaient de frayeur lorsqu'ils entendaient un simple nom ? Un nom, qui finalement s'avérait n'être qu'un simple assemblage de voyelles et de consonnes comme l'Homme en avait fait des milliards au cours de l'histoire, mais qui se chargeait d'une symbolique telle qu'elle pouvait ainsi provoquer des réactions aussi disproportionnées que celle dont il venait d'être le témoin. Constater ceci de la part des ses hôtes le désolait cependant au plus haut point.

Il faisait nul doute que les abéliens recevait une éducation tellement stricte, qu'elle ne laissait pas l'occasion à ses fidèles de se développer eux-mêmes. Par la crainte sans cesse entretenue, la religion du Continent muselait les hommes en leur interdisant de réfléchir trop loin sur eux-mêmes, et en les empêchant de regarder en face les points les plus obscurs du monde. Or un homme qui ne peut même pas essayer d'affronter ses propres démons ne se surmonte jamais, et demeure confiné dans sa peur irraisonnée et grotesque sans espoir de se grandir et d'évoluer. Mais, dans le fond, ils n'étaient pas responsables ; c'était la religion qui décidait pour eux... Toujours était-il que cela était à la fois triste et drôle à voir, mais Anubis se garda bien de partager toutes ces pensées, et conserva un visage totalement neutre. Comprenant qu'il était inutile de poursuivre sur un sujet que ses interlocuteurs ne pouvaient saisir de la même manière que lui, il prit l'occasion qui était donnée par Cléomède pour rétablir la conversation sur une base cordiale voire amicale. Il entreprit donc de parler un peu de Shaïkos.

― Pour autant que je le sache, dit-il, Shaïkos est une ville gigantesque certes, mais néanmoins tranquille. Ce n'est pas un hasard si la majorité des ambassades dans l'Archipel se sont installées là-bas : la grande concentration des compagnies commerciales a en effet apporté à la région une certaine stabilité. La concentration de bateaux armés dans les alentours y est plus forte qu'ailleurs, ce qui tend à dissuader les petites racailles de la piraterie à s'aventurer trop près des côtes. La proximité du Continent y est notamment pour beaucoup. Et la sécurité est assurée par un grand organisme qui tente tant bien que mal de s'imposer comme "autorité" de l'Archipel depuis plus d'un siècle. Tout cela contribue au calme relatif ainsi qu'à la prospérité de la ville. Cependant, en dépit de cette prétendue autorité, ce sont les Grands Princes Marchands qui y font la loi, est celle-ci est aussi juste que les Princes sont honnêtes ― comprenez par là que les activités illégales battent leur plein. Certains quartiers sont à éviter, de jour comme de nuit, tant les malfrats y sont présents. Ceci dit, les quartiers des ambassades et du siège des autorités sont davantage sûrs et paisibles. Du moins pour l'instant.
― Qu'entendez-vous par-là ? demanda Cléomède.
Anubis sourit vaguement, et un éclair malicieux illumina son regard.

― Il y a des bruits qui courent dans le monde des pirates... Un de mes confrères, expliqua-t-il, un certain capitaine Qholl "Silver" Navestti, que j'ai déjà eu l'occasion de rencontrer au cours d'une escarmouche qui lui coûta une dizaine de dents ― c'est de là d'ailleurs que lui vient ce surnom de "Silver", chacune de ses dents tombées ayant été remplacée par un morceau d'argent ―, ce capitaine, disait-je, aurait émis l'idée d'un projet compliqué : assassiner votre cher ambassadeur d'Abel, Kain Ilmarii. Ilmarii est en poste depuis de longues années, et l'opinion de Navestti, partagée par bon nombre d'autres pirates, est qu'il a grandement soutenu les autorités de l'Archipel. Beaucoup trop. Ce soutien a provoqué une montée en puissance de cette autorité contestée, ce qui nuit à beaucoup d'activités, et des pirates, et de certains Princes Marchands. Aussi souhaitent-ils voir Abel cesser de s'immiscer dans les affaires de l'Archipel. Et à cette fin, Navestti va déclencher une belle émeute dans ces lieux tranquilles, et tuera Ilmarii. Du moins le prétend-t-il. On en parle depuis un bon bout de temps, et personne n'a l'air de savoir quand cela se fera. Il semblerait que Navestti traverse l'Archipel en long, en large et en travers afin de s'assurer du soutien de plusieurs Princes particulièrement véreux, et il n'est pas rare d'entendre dire que l'Éperon Pourpre, son navire, est passé sans faire de mal... Ce qui est curieux pour un pirate.
Anubis se leva tout d'un coup, et s'excusant qu'il avait quelques ordres particuliers à donner, laissa Cléomède et Chail méditer sur cette drôle d'intrigue qu'ils pourraient voir survenir à Shaïkos. Ce qu'ils avaient entendu là n'était cependant pas un secret. Le Palais Central des autorités de l'Archipel, situé à Shaïkos, avait lui-même déjà été mis au courant de la situation. Certains considéraient cela comme une rumeur non-fondée, d'autres comme une simple histoire destinée à renforcer la réputation d'un pirate excentrique ; mais ceux qui le connaissaient un peu savaient que Navestti était un homme peu dangereux mais déterminé. Sa tête était mise à prix dans l'Archipel à 900 PO, ce qui était une somme plus que raisonnable pour un homme responsable de plusieurs mises à sacs de banques et de silos dans les îles du Nord de l'Archipel, près des colonies d'Haldaran ; mais il ne représentait pas vraiment de menace aux yeux des autorités ― du moins pas autant qu'Anubis. Celui-ci refit d'ailleurs son apparition dans la pièce où ses invités attendaient patiemment, éclairés par plusieurs lanternes disséminées le long des murs. Il apportait avec lui un plateau où se tenait une théière fumante, trois tasses en porcelaine, du sucre et des petits gâteaux. Il posa le tout sur la table, servit les deux hommes puis s'assit en sirotant son thé, attendant la nouvelle réaction des abéliens.
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Cléomède Brabantio
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MessageSujet: Re: Une bien etrange croisière    Sam 17 Sep - 19:21


Une fois Anubis partit, Chail se pencha vers Cléomède

-On veux assassiner Ilmarii? c'est une catastrophe, nous allons être entrainé, forcément! On dois éviter l'ambassade! chuchotât le vieux secrétaire, a moitié paniqué

-Du calme, du calme, je n'arrive pas a y croire. Ilmarii est un vieux gâteux. l'assassiner voudrais dire qu'il gène. c'est impensable. Ceci dit, nous devons prendre toutes les éventualités au sérieux

Anubis revint rapidement avec le Thé et les petits gâteaux.

-Je ne prendrais pas de thé, la théine m’empêche de dormir
Il n'en était rien. Cependant, Cléomède voyais bien Anubis mettre un puissant somnifère dans cette boisson, afin de le transporter on ne sais ou sans problème

-Mais le fait que notre ambassadeur soit menacée m’inquiète au plus haut point. Les difficultés diplomatiques sont toujours mauvaises pour les affaires. Parlez moi plus de ce Qholl Navestti. Ils vont peut être me prendre pour un naïf, mais dans le doute, je préfère dire tout ce que je sais a l'ambassade.

Cléomède fit une pause . Il venait d'assimiler une des informations de son interlocuteur


- Vous avez dit être son rival, pas vrai? Quel est votre prix pour le trouver et le capturer?
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Lyina Neluira
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MessageSujet: Re: Une bien etrange croisière    Dim 18 Sep - 12:07

Il y avait bien des heures à présent qu'on avait à bord ces hommes d'Abel. Je n'avais que vaguement entendu parlé de cet endroit et je me demandais bien comment pouvais être ses rues et ses bâtiments. Ce devait être une riche cité à l'architecture magnifique.
J'imaginais ces fabuleux décors accoudée au bord du Léviathan. Un autre timonier m'avait relayé quelques instants plus tôt. Il était tard, la nuit était déjà tombée. Il n'y avait aucun nuage pour cacher l'éclat de la lune. J'appréciais son reflet dans l'océan, bougeant avec les vagues. En levant les yeux, je pouvais admirer les étoiles dans un ciel des plus noir. La vue était splendide, à tel point que je m'affirmais à moi-même qu'aucune cité riche ne pourrait rivaliser à cette beauté.

Derrière moi, j'entendais d'autres matelos parier bruyamment autour d'une table. Ce rituel du jeu de carte en plein air avait lieu presque à chaque fois que le temps nous le permettait. Ils pariaient souvent de l'argent en somme très modeste sur le joueur gagnant, joueur qui avec les autres misait à chaque tour.
Leur jeu, appelé poker, je me souviens très bien avoir mis du temps à comprendre comment y jouer. Aujourd'hui encore, certaine règles m'échappent, mais je me voyais être une assez bonne joueuse grâce à ma chance.

L'un des parieurs, Marty -un des canoniers-, m'aperçu et me fit des grands gestes signifiant pour moi "ramène ta face de poulpe par-ici!". Ce que je fis. Arrivée au troupeau, je frappa un grand coup l'épaule de Marty -ma façon à moi de dire "ch'uis là p'tit biorneau!"- et jetta un coup d'oeil au jeu en cours.
Ce banc de mâle avait bien entendu fais attention à mon arrivée -étant la seule "femelle" du tas-, beaucoup me souriait malicieusement comme s'ils attendaient quelque chose de ma part.
La partie arrivait à sa fin, dans des rires et des cris. L'argent fila de main en main et les joueurs laissèrent la place aux suivants. Un mécanicien s'asseya, puis un ami timonier, le dernier tabouret resta vide.
Etrangement, je sentais un poids de regards posé sur moi. Voilà ce qu'ils voulaient de moi.
Après un soupir, je rejoigni la table de jeu. Certains applaudirent, d'autres sifflaient. Bien que c'était pas systèmatique et peu souvent, j'étais leur joueuse favorie.
Sans même les écouter, je devinais que beaucoup avaient parier sur ma victoire.

Les cartes furent distribuer. Des cinqs que j'avais, il y avait une pair de Rois, un As, un deux et un six.


- Honneur aux dames.... me dit Marty qui avait endossé le rôle de croupier.

Beaucoup d'hommes rirent. Le nom de 'Dame' était très ironique avec moi, étant donné mon cran et mes habitudes masculines. Je souris.

- Deux cartes.

Mes deux cartes furent échangées, les autres joueurs firent de même. L'un demanda trois cartes, l'autre une.
Je jetta un bref coup d'oeil à mes nouvelles cartes, puis les posa face cachée.
Premier tour de mise.
Ce que j'aimais dans les parties quand j'y étais, c'est que les mises devenaient simples, voir stupides. Et on se rendait les gains le lendemain -du moins, entre les joueurs. les paries restaient réells-
Je misai donc une de mes pinces à cheveux. Le suivant relança avec une de ces nombreuses bagues, puis le dernier suivit avec un monocle volé -que je convoitais non secrètement-. Il me lança un regard de défit que je me traduit par "tu le veux hein...bah tâche d'avoir un jeu meilleur que le mien."
Je relança. Un tour de mise, puis un autre, un autre, toujours avec une relance.
Arrivé à un moment où la mise devenait assez belle, je relança avec une chose que personne ici aurait cru que je miserai. Ma longue-vue portable. Tous étaient étonnés. Et tout le monde se doutait que si je perdais, le gagnant me la rendrait plus tard, par amitié et respect. Cependant, miser une chose aussi importante à mes yeux indiquait que j'avais confiance en mon jeu, ou que je faisais un coup de bluff surdimensionné.
Quoi qu'il en était, le suivant, mon ami timonier, posa ses cartes pour montrer qu'il se couchait. Il y eu des acclamations, un peu d'argent qui voyagea et la partie reprit avec le regard fixant de mon adversaire.
Il posa alors son collier -que tout le monde savait assez précieux à ses yeux- sur le tas de mise. Tout le monde était d'avis de considérer cela non pas comme une relance mais comme la cloture des mises. La valeur des tas était assez équivalente.
La tension montait quelque peu. Il montra ses cartes. Double paire. Deux Dames et deux dix, avec un as.
Certains remettaient en question ma victoire.
Mon visage était neutre. Je montrait peut être même de l'ennui.
Sans plus de joie, je montra mes cartes. Full. Deux Rois et trois six. C'était supèrieur sans contestation.
Cris, éclats de rire, c'était l'euphorie. Je fis alors un sourire complice à mon adversaire qui venait de tomber sur le....l'arrière train. Puis il rit et poussa son tas d'objets vers moi. J'avais toutes les choses présentes sur la table pour moi. Et, comme à mon habitude après chaque victoire, je fouilla dans les tas. Je pris donc le monocle, deux bagues et une montre à gousset cassée. Tout cela tomba dans ma sacoche de cuir, puis je remis ma longue-vue sur ma tête ainsi que toutes mes affaires misées.
Les autres joueurs me sourirent respectueusement et reprirent leurs affaires.
Voilà pourquoi beaucoup aimaient jouer avec moi. Je me contentais souvent de quelques bricoles, et ne jouais jamais dans le but de dépouiller l'autre.

Je me leva et repartie vers ma partie arrière du bateau où séjournait ma barre. Je passa devant la porte qui donnait sur la cabine du Capitaine, qui en sortait justement à cet instant. Un regard croisé puis nous reprenions notre direction.
Je ne reprenis pas la barre, mais je restais accoudée à un rebord. J'avais vue sur le pont. C'était beau. Les lumière des lampes éclairaient joliment l'endroit, je voyais l'équipage reprendre une partie de poker, et la noirceure de l'eau par dessus bord.
Je vis Anubis revenir à sa cabine avec un plateau de thé. Il se montrait très accueillant avec ses convives/prisonniers.
Il y a quelques années, je n'avais pas reçu un aussi bon traitement. J'avais dû simpathiser avec les rats d'un cachot pour ne pas m'ennuyer. Souate, deux à trois jours après, j'avais rejoins l'équipage.

J'étais curieuse de savoir de quoi ces trois hommes pouvaient parler.





[Pardon si je respecte pas les règles du poker ici, mais je les oublis réellement tout le temps]
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Anubis Thorgana
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MessageSujet: Re: Une bien etrange croisière    Dim 18 Sep - 15:55

Du fin fond de la cabine du Capitaine, un rire sinistre s'éleva. Ce rire, c'était celui d'Anubis, un rire froid et glacé, comme le témoignage d'un homme qui ne riait que rarement, et jamais de bon cœur ; un rire qui laissa Cléomède perplexe et interdit. Bientôt, Anubis perdit sa réaction dans une violente quinte de toux. Puis il se calma, et bût une gorgée de thé. Le liquide chaud et sucré, passant dans sa gorge, lui fit le plus grand bien. Après quoi il répondit à la question de son invité.

― Sauf votre respect, lui dit-il, permettez-moi de vous dire que vous êtes une sacrée canaille... Désolé, il fallait que cela sorte.
Il vida entièrement sa tasse, et s'en servit une à nouveau. La question de Cléomède l'avait pour le moins surpris, il ne s'attendait pas à une telle question.

― Plus sérieusement, maintenant, reprit-il, je ne nierais effectivement pas que Navestti et moi avons quelques différents qui ne font pas de nous de bons amis. Et je reconnais avoir failli le tuer avec un certain plaisir... Néanmoins, comprenez-vous, nous autres pirates avons tout de même un Code d'Honneur, ratifié par la plupart des grands pirates de l'Archipel ― je n'évoquerai donc pas ici les petites crapules qui fourmillent dans l'Océan sans considération aucune pour la noblesse de la piraterie ―, et ce Code instaure plusieurs lois que nous nous devons de respecter, pour la plus grande gloire de la liberté des pirates. Et mettre à prix la tête d'un homme, si pénible soit-il, c'est une pratique de bureaucrate acharné. Le Code d'Honneur nous interdit de vendre une autre pirate, ou le faire rechercher sans raison. Il est donc hors de question que je paye un quelconque homme pour retrouver Navestti. Le différent qui nous oppose ne saura se régler que par un affrontement loyal, et rien d'autre... Mettre à prix la tête d'un non-pirate, ou d'une racaille, je ne dis pas, mais pas un pirate qui a ratifié le Code... Ce serait une trahison...
Anubis fixa Cléomède droit dans les yeux, cherchant à comprendre où le négociant voulait en venir. Il se demandait si un abélien lambda pouvait ne serait-ce que concevoir l'importance du Code dans le monde de la grande piraterie. Si bien qu'il décida ne pas trop s'y attarder. Après tout, le Code n'était aux yeux des autorités qu'une énième légende de pirate...

― En revanche, poursuivi-t-il, vous vouliez en savoir plus sur Navestti et rien ne m'empêche de vous parler un peu de lui. Je connais une partie de son histoire. Il était le fils d'un banquier d'Hestalia, une colonie d'Haldaran située au Nord-Ouest de Shaïkos. À la suite d'une étrange histoire où se mêlent magouilles politiques et financières d'Haldaran et rivalité entres banques, son père fut arrêté par les forces du Continent et disparut dans des conditions douteuses. Navestti, encore jeune à l'époque, se mit à la rapine pour nourrir sa famille ruinée. Mais cela ne suffit pas, et il se retrouva orphelin à l'âge de seize ans. Il fut recueilli par des mafieux de l'île et accomplit pour eux toutes sortes de travaux. Et quelques années plus tard, il prit la tête de la petite organisation et l'orienta vers la piraterie. Il leva définitivement le camp d'Hestalia lors d'une incursion des autorités de l'Archipel, à bord de l'Éperon Pourpre. Et il se mit en tête de piller les réserves dans environs, gardant l'or pour lui et distribuant la nourriture aux enfants pauvres ― ce qui est tout à son honneur. Néanmoins, il reste très arrogant et a tendance à s'estimer supérieur aux autres pirates, par cet acte de charité, justement. Il n'est de ce fait que peu dangereux, mais il a mis à sac suffisamment de silos et de banques pour que les autorités de l'Archipel et même d'Haldaran s’intéressent à lui. Et ses œuvres de charité l'ont rendu influent auprès des Princes Marchands, qui apprécient sa manière de maintenir la cohésion du petit peuple sous leur joug. Il s'est néanmoins fait attraper deux fois par les autorités, et sans ses relations chez les Princes il serait encore en prison, ce qui explique la rage qu'il conçoit à l'égard de cette dite autorité.
Anubis vida sa tasse de thé et la reposa sans bruit, avant de s'installer plus confortablement encore sur sa chaise. Il n'avait cessé d'observer son interlocuteur, qui écoutait son discours avec un intérêt certain.
― Voilà, dit Anubis. J'ai dû vous dire à peu près tout ce que je savais de Navestti. À moins qu'il y ait quelque chose d'autre que vous voudriez savoir ?
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Cléomède Brabantio
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MessageSujet: Re: Une bien etrange croisière    Dim 18 Sep - 20:00

- Bon, au moins j'aurais tenté fit Cléomède en haussant les épaules avant d'écouter l'histoire d'Anubis sur Navesti

- Si autant de questions ne vous importunes pas, monsieur Torgana, j'aimerai en savoir un peut plus sur ce pirate au grand coeur [i]le vieil homme avait dit ces derniers mots avec une pointe d'ironie. Il n'y croyais qu'à moitié. Et pour cette histoire de code, c'était certainement un prétexte pour refuser son offre...refus qui devais être du a d'autres raison du style "si je m'attaque a lui, je vais perdre a coup sur"

-Ce qui m'intrigue surtout, c'est pourquoi il veut s'en prendre a son excellence Ilmarii. Je l'ai déjà croisé, et m'a toujours paru pour être un homme aussi inoffensif qu'incompétent...d'ailleurs c'est lié.

Chail, assis a coté, buvais sa tasse de thé en silence. Il écoutait, passivement. Le vieux secrétaire était ainsi: moins on me remarque, mieux c'est pour ma peau, disais le vieil homme dégingandé. D'ailleurs, il pensait que Cléomède devrais suivre ce précepte plus souvent. En ce moment, par exemple. Mais il n'en était rien, il le savait. Tant que la curiosité du diplomate ne serait pas assouvie, celui-ci écoutant Anubis, décortiquant, analysant chaqu'un de ses mots. Choisissant les pensées qu'il exprimait, avec parcimonie, afin d'amener son interlocuteur a lui fournir de plus en plus d'informations.
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Anubis Thorgana
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MessageSujet: Re: Une bien etrange croisière    Dim 25 Sep - 15:53

Les questions de Cléomède ne parurent pas déranger Anubis outre mesure. Comprenant que ses invités ne prendraient plus rien, il s'appliqua à vider totalement la théière, tout en se faisant la réflexion qu'il buvait décidément beaucoup de thé ; et de vin, d'ailleurs, bien qu'il ne s'en montra pas du tout incommodé, et pour cause : il tenait plutôt bien l'alcool. Vidant ainsi une dernière fois sa tasse, qu'il reposa avec précaution sur la table, il entreprit de satisfaire la curiosité du marchand.

― Kain Ilmarii, commença-t-il, est, comme vous l'avez si bien énoncé, un strict incompétent. Ce n'est rien d'autre qu'un vieux croulant conservateur, gâteux par-dessus le marché, qui a tout juste du mal à tracer sa signature en bas des communiqués officiels. Mais il n'a pas toujours été comme ça... Il y a plusieurs années ― j'étais tout jeune à l'époque, et Navestti également ―, Ilmarii a tout de même eu l'idée pour le moins saugrenue de soutenir les autorités de l'Archipel. Il n'y avait rien de dangereux là-dedans a priori. Cependant, les négociations et les traités sont allés bon train, et les autorités de l'Archipel, qui jusque-là n'avaient que des coffres presque vides, se sont retrouvés avec un financement titanesque. C'est là qu'ils ont commencé à s'étendre dans l'Archipel, achetant des bateaux puissants qui escortaient les convois commerciaux aux cotés des navires de mercenaires, car c'est ainsi que les compagnies protégeaient leurs intérêts à l'époque. Et cela n'a guère plu aux pirates de l'époque.
Anubis marqua une petite pause, s'assurant que Cléomède avait le temps d'assimiler toutes les informations. C'était visiblement le cas, car il avait l'air d'écouter avec grand intérêt cette histoire.

― Les premières mises à prix trans-insulaires ont par la suite été publiées. Jusqu'ici, chaque ville ou cité avait ces propres avis de recherche sur des bandits ou des pirates bien précis, si bien que ceux-ci pouvaient aller se reposer dans un port voisin sans être inquiétés. C'étaient les Princes Marchands qui placardaient ces avis, et les milices de chasseurs de primes ― qui rivaliseraient avec vos polices continentales ― étaient toujours sur le qui-vive, mais se cantonnaient à poursuivre les recherchés de leur ville. Ceci a changé lorsque certains avis de recherches se retrouvèrent placardés dans toutes les villes de l'Archipel. Dès lors, les grands pirates étaient menacés partout. Et la colère a éclaté le jour où un certain Black Pest, grand chef pirate des alentours de Daïman, a été abattu par un chasseur de prime dans la ville d'Iznok-Prahi, à trois cent cinquante kilomètres de son terrain de chasse. C'était une première dans l'histoire de la piraterie.
En y repensant, Anubis ne put s'empêcher de vouloir prendre un verre de rhum. Il sortit une bouteille d'un placard, en proposa à ses invités qui refusèrent, puis se servit un verre qu'il vida d'un trait.

― Par la suite, les autorités de l'Archipel ont fédéré les milices de chasseurs de prime sous leur tutelle, et ont développé une petite armée, toujours soutenue par les financements d'Abel. Plusieurs grands pirates ont été abattus ou emprisonnés, et les derniers, dépassé par les évènements, se sont fait oublier... Jusqu'à ce qu'une "nouvelle génération", dont Navestti et moi faisons partie, se répandit sur les mers. Les autres pirates revinrent à ce moment, et lancèrent une campagne contre les autorités de l'Archipel, que Navestti ne tente ni plus ni moins de perdurer. Les évènements que je vous ai contés se sont déroulés il y a une vingtaine ou une trentaine d'années. Entre-temps, Ilmarii est devenu un peu moins influent ― et beaucoup plus sénile. Néanmoins, et c'est sur ce point que vous comprendrez où je veux en venir, tant que Ilmarii est en vie, les "subventions" versées par Abel aux autorités de l'Archipel continuent d'affluer, pour la simple et bonne raison que le traité signé entre Abel et l'Archipel demeure valable tant qu'Ilmarii est en poste. Le jour où il disparaît, l'argent s"envole des caisses des autorités. Ce qui explique pourquoi Navestti veut le tuer. Il a compris que pour lutter contre l'ennemi, il faut l'attaquer à sa source, et non se contenter de se défendre comme font la plupart des pirates, des bandits et autres Princes véreux... Avec Ilmarii, c'est tout un symbole qui disparaîtra, celui a créé les autorités de l'Archipel.
Laissant ses invités méditer sur cette histoire, Anubis se réchauffa le gosier d'une nouvelle rasade de rhum, dont le léger arrière-goût de gingembre savait parfaitement requinquer son homme. Il regarda l'étiquette de la bouteille pour connaître la provenance d'une si bonne cuvée. Quand il la trouva, il prit un air dépité. Il aurait dû en acheter plus de bouteilles... Il fut tiré de ses rêveries par un renouvellement de la question sur le prétendu grand cœur de Navestti. Sur quoi Anubis ricana sauvagement.

― N'allez pas croire, dit-il, que les actes de charités de Navestti sont parfaitement honorables ; il est le seul à penser cela. La vérité là-dessus, c'est que Navestti est un mégalomane grandiloquent. Il voudrait être vu comme un héros, alors qu'il est un pirate. On ne peut pas tout avoir, mais il ne veut pas le comprendre. Ses distributions de nourriture, il s'en sert pour acheter les gens. Une sorte de chantage, en quelque sorte. Pour une bouchée de pain, il fait faire ce qu'il veut à une famille pauvre : il demande des "services" à des hommes qui finissent en chair à canon, il force les mères à lui donner leurs filles, ou les filles à se donner à lui pour protéger leur mère... Ce n'est rien d'autre qu'un scélérat qui refuse de l'admettre, et je désapprouve ses méthodes. Mais c'est aussi un pirate, reconnu comme tel, et donc un confrère ― ce qui ne m'empêchera pas de l'étriper le jour où je le croiserai. Néanmoins, ses projets pour Ilmarii sont honorables et je ne le blâmerai donc pas pour cela...
À l'issue de ce discours, Anubis marqua une pause, avant de sortir sa montre à gousset qu'il fixa d'un air perdu. Puis il s'exclama :

― Déjà ? Mais c'est qu'il commence à se faire tard...
Cléomède parut s'apprêter à dire quelque chose, mais Anubis ne lui en laissa pas le temps.

― Messieurs, dit-il, nous allons en rester là. Il ne faudrait tout de même pas que vous soyez fatigués lorsque l'aube se lèvera...
Comprenant qu'il n'y avait pas d'autre alternative, Cléomède n'insista pas. Anubis se levant, Chail et lui firent de même ; puis leur hôte se saisit d'une lanterne et ouvrit la porte qui donnait sur le couloir, avant de les inviter à sortir. Ils le suivirent ensuite jusqu'à leur chambre, où ils retrouvèrent leurs affaires dans le même état où ils les avaient laissés, signe qu'aucun coup bas n'avait été exécuté.

― C'est ici que je vous laisse, dit Anubis. J'espère que vous avez passé une bonne soirée et que je ne vous ai pas laissé une piètre opinion de moi-même... Si tout va bien, nous devrions atteindre Shaïkos demain en fin d'après-midi. Bonne nuit.
― Bonne nuit, répondirent-ils d'un ton neutre.
Il referma la porte de la chambre derrière lui, puis monta directement sur le pont. Il faisait bon, le vent soufflait calmement. C'était une nuit paisible. Non loin de lui, des hommes de l'équipage, qui ne l'avaient pas remarqué, jouaient aux cartes. Lyina était avec eux. Ils avaient l'air heureux, à s'amuser tous ensemble... Anubis se dirigea ensuite sur un coté, sans se faire remarquer, et regarda le ciel. Ce dernier semblait le regarder aussi. Des milliers d'étoiles, si seules, si belles, constellait la toile noire de la nuit. Et la Lune, sur son dernier quartier, brillait de mille feux. Pourtant, toutes ces lumières semblaient floues... Tout le ciel, aux yeux d'Anubis, se brouillait... Que se passait-il ?... Puis tout s'effondra. Le Contre-amiral de la Mort poussa un cri gigantesque qui déchira le calme nocturne. Anubis gisait sur le sol, et se tordait sous la pression d'une douleur inconcevable. Il sentait son cœur s'emballer et ses muscles se contracter fortement, et il eut l'impression que ses poumons explosaient. Il ne parvenait plus à respirer...

Soudain, tout s'arrêta. La douleur, la pression, la nuit noire, tout retomba. Autour de lui, il n'y avait plus rien. Et pourtant... Des murmures parvenaient à ses oreilles... Anubis se concentra. Puis il entendit distinctement un "Tout va bien, monsieur ?". Il ouvrit des yeux pleins de larmes. Autour de lui, les visages inquiets des membres de l'équipage le regardaient avec compassion. À coté de lui, Philéas Sorg tenait une seringue vide. C'était lui qui parlait.

― Tout va bien, monsieur ?
― Putain de journée ! maugréa Anubis d'une voix faible.
― Ramenez-le à son lit, ordonna Philéas.
Dans son lit, Anubis put enfin se reposer, tandis que Philéas veillait sur lui. Il dormait paisiblement. "C'est là le seul moment où il a l'air heureux", avait dit Philéas. Dehors, le calme de la nuit avait repris ses droits. Rien ne laisser présager quoi que ce soit des évènements futurs...
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Cléomède Brabantio
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MessageSujet: Re: Une bien etrange croisière    Dim 25 Sep - 17:57

Cléomède et son secretaire furent donc reconduit a leurs appartements. Cependant, il y avais quelques petites choses illogiques dans le discours d'Anubis que le vieux diplomate n'avais pu relever devant lui

- Je ne savais pas qu'Ilmarii avait tant fait pour dévelloper l'archipel: enfin c'est logique, un archipel fort est un contre-poids de taille pour Haldaran. Cependant, je ne vois pas en quoi la mort d'illmarii anulerais ces traités si contraignants pour les pirates: ce n'est qu'un ambassadeur, pas un roi: si il signe des traités et si, quand il le sent necessaire, peut interrompre momentanément leur application, au final, c'est le Globe d'Abel qui les valides et les annules: si il meurt, les traités seront toujours valables. Alors certes, ce sera la fin d'un symbole, mais après? En tuant un sénile, les pirates prennent le risque de voir l'ambassade dirigée par un autre diplomate, plus jeune et plus zélé: moi, par exemple...

sa longue tirade fut soudain interrompue par un long râle rauque qui déchira le silence de la nuit

-qu'est-ce que c'est? fit Chail

-On dirais Thorgana...troubles du transit?

- C'est vrai que j'osais pas lui dire, mais sa cuisine était quand mème un peut trop epicée a mon gout

-J'ai pas trouvé...c'est plustot un bon hôte...bon, bonne nuit
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Une bien etrange croisière

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