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 La Bête, la Concorde et le Pacte

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Anubis Thorgana
Contre-Amiral de la Mort

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MessageSujet: Re: La Bête, la Concorde et le Pacte   Dim 27 Nov - 14:53

Alors que Magnus et Anubis se battaient sur le pont du Concordia, les invités d'Anubis qu'étaient Cléomède et Chail dégustaient un saucisson, tranquillement installés dans les cuisines du Léviathan. Ils ne se doutaient pas de la tournure que prenaient les évènements là-haut, et s'imaginaient demeurer en sécurité là où ils étaient. Le temps normal leur aurait donné raison ; cependant, les valeureux marins d'Anubis n'étaient pas de taille face aux mercenaires de Magnus, et durent se rendre. Nos deux protagonistes furent par la suite tirés de leurs pensées respectives par l'apparition d'un mouton visiblement effrayé qui traversa la cuisine à toute allure. Et à sa suite surgirent des soldats en uniforme blanc qui enjoignirent aux deux hommes de les suivre.

Ainsi furent-ils conduits sur le pont du Concordia, tandis qu'Anubis écartait son sabre de la gorge de Magnus et que celui-ci se relevait... La présence de ces deux hommes n'avait pas échappé à Magnus, qui demanda à ses gardes de les faire venir jusqu'à lui, tandis qu'il expliquait à Anubis le principe de Consortium. Puis il imposa ces propres conditions.

― Il est vrai qu'une petite révision du Léviathan de lui ferait pas de mal, concéda Anubis. Et tant que nous y sommes, je vous saurai gré de faire de même pour l'Hydre de Lerne, que vous avez salement amoché... Par ailleurs, vos canons et vos fusils sont les bienvenus. Quant à moi, je puis assurer à vos convois une relative mais néanmoins suffisante sécurité.
Pendant ce temps, l'équipage d'Anubis avait pu regagner le Léviathan, et Philéas avait ordonné que l'on prévienne l'Hydre de Lerne qu'il pouvait revenir. Ce dernier arriva d'un air penaud, privé de l'un de ses mâts et fortement endommagé après les tirs de bordées du bateau du Consortium. C'est alors que Magnus et Anubis furent rejoints par un homme portant une veste bleu et or ouverte, révélant un torse nu couvert de bandages ensanglantés. Il boitait légèrement et s'aidait d'une béquille pour avancer. En le voyant, Anubis eut un air compatissant, auquel l'homme répondit par un sourire fier, ayant l'air de dire que tout allait bien.

― Monsieur Flavion, dit Anubis, permettez-moi de vous présenter le capitaine Lestatt Iraxter, mon lieutenant et chef à bord de mon second bateau, l'Hydre de Lerne.
Il y eut un échange d'amabilités de circonstances ― passant outre une certaine froideur ―, après quoi Lestatt fut mit au courant de la situation et acquiesça d'un air grave : après les revers subits, une entente cordiale conviendrait mieux à tout le monde. Magnus présenta alors son offre.

― L'île de Voldo, dites-vous... J'en ai entendu parler. Il paraîtrait que cette île effraie vaguement les habitants de l'île voisine. Des rumeurs variés circulent à propos de cet endroit. Et vous souhaiteriez que j'aille jeter un œil sur ce qu'il s'y passe, que je récupère d'éventuels documents compromettants et que je vous les transmette ? Et ceci en échange de matériel et d'armement ?
Il y eut un court silence au cours duquel Magnus hocha la tête tandis qu'Anubis et Lestatt échangeait un regard décidé. Puis le Contre-amiral de la Mort reprit :

― C'est entendu, monsieur Flavion, je suis votre homme. Fournissez-moi ce que je veux et je vous ramènerai ces documents sur un plateau d'argent.
― Parfait, répondit Magnus en tendant la main à Anubis.
Le président du Consortium sourit d'un air satisfait. Anubis sourit à son tour ― du moins, si on pouvait appeler ceci un sourire ― et serra la main de Magnus. Les deux hommes semblaient avoir de nombreuses choses en commun, si bien qu'ils se comprenaient parfaitement l'un l'autre. C'est alors que l'on amena Cléomède jusqu'à eux.

― Bonjour monsieur, à qui ai-je l'honneur ?
"Houlà", se dit Anubis, qui avait totalement oublié la présence du marchand de tapis sur son bateau. "Un Halderan qui rencontre un Abélien. Le résultat risque d'être... Intéressant..."
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Cléomède Brabantio
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MessageSujet: Re: La Bête, la Concorde et le Pacte   Dim 27 Nov - 18:18

Cléomède approcha la tranche de saucisson vers sa bouche, prêt a la déguster, alors qu'un mouton affolé passa, renversa Chail, qui perdit sa tranche des mains et s'entreprit d'aller la chercher sous la table. C'est alors que deux hommes en blanc, entrèrent dans la cuisine.

- Vous là! Le Capitaine vous demande! maintenant!

Cléomède fut prit par l’épaule et emporté dans le sillage des deux gaillards, laissant tomber la tranche qu'il s’apprêtait a enfourner


-Eh merde! j'ai faim, moi, bordel!


Mais il se rendit vite compte qu'il lui restait tout le reste du saussisson dans son autre main.

Quand Chail sortit de dessous la table, l'air victorieux, la tranche de saucisson entre le pouce et l'index fièrement brandie, Il n'y avais plus personne, a part un mouton un peu trop affectueux

---------------------

Cléomède se retrouva finalement face a l'Halderan du navire d'en face

― Bonjour monsieur, à qui ai-je l'honneur ?

Sa vague inquiétude fut vite remplacée par le dédain face a cet hérétique


- Il me semble que c'est vous qui m'avez demander de venir ici. La moindre des politesses serait de vous présenter le premier, jeune homme!

fit le vieux marchand en brandissant son salamis sous le nez de l'inconnu.
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Magnus Flavion
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MessageSujet: Re: La Bête, la Concorde et le Pacte   Jeu 1 Déc - 19:49

Magnus regarda le vieil homme qui agitait son salami devant son nez, puis se tourna vers Anubis, lui demandant d'un air amusé.

- C'est votre grand père ?

Voyant que le capitaine du Leviathan n'osait répondre, il prit les devants et commença les présentations:

- Magnus Flavion, Président du Consortium industriel d'Haldaran. Et vous cher monsieur, de quelle contrée venez-vous ? N'ayant pas l'air de faire partie de l'équipage et étant aussi bien habillé, je suppose que vous venez du contient, non ?
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Cléomède Brabantio
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MessageSujet: Re: La Bête, la Concorde et le Pacte   Jeu 1 Déc - 22:38

Oui-Da, mais ne jugez point sur l'apparence, croyez moi, les grandes villes de l'archipel ont leur lot de bourgeois endimanchés, mais en effet, je suis continental: je viens de Rossaria, je suis le propriétaire de la Manufacture Impériale des Toiles et Draps, leader de la draperie sur Abel...et 4ième meilleur chiffre d'affaire du secteur pour Haldaran.

Eh paf je lui envois mes stats dans la gueule !

dites moi, cher...confrère... dans quel domaine œuvre le consortium?
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Magnus Flavion
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MessageSujet: Re: La Bête, la Concorde et le Pacte   Sam 3 Déc - 0:31

Un Abélien, il ne manquait plus que ça. Et pour cumuler les défauts celui-ci cultivait l'arrogance. Et un marchand de draps, rien que ça.

- Etant donné le retard technologique de votre pays, je doute que vous compreniez ce que je vais dire. Mais je vais essayer de faire simple pour vous. Le Consortium est une entreprise récente qui oeuvre dans tout les domaines mécaniques et sidérurgique. De la motorisation à l’échelle naval, aérien et ferroviaire, ainsi que la confection d'automates à vapeur, moteurs d'usines et individuel. Bien que ce Consortium face un chiffre d'affaire moyen comparé aux grandes dynasties industriels d'Haldaran, cela ne m'étonnerais pas qu'elle produise autant de richesse que toute l'industrie d'Abel réunie.

Et hop, de quoi faire taire tout l'Empire d'Abel jusque dans leur chaumière. Les mercenaires de Magnus avaient finis de rapatrier les blessés et les morts. Un lieutenant fit signe au Président du Consortium que tout était près pour repartir.

- Et bien monsieur, dont l'impolitesse vous à fait oublier de vous présenter, je crois que nous pourrons continuer notre conversation à bord du Concordia. Vous offrir mon hospitalité est la moindre des choses après tout. Et ... j'insiste.


Sur cette dernière parole forte en sous entendue, Magnus fit un signe de la main et deux soldats de l'AMS encadrèrent Cléomède et lui indiquèrent "gentiment" la voie à suivre. Un Abélien c'est déjà trop, mais un Abélien qui se vente alors qu'il n'est pas en position de force s'est pire. Cela lui apprendra.

- Nous vous conduirons jusqu'à Shaïkos cher ... ami. Mes hommes vont vous montrer vos nouveaux quartiers.

Puis il s'adressa une dernière fois à Anubis, un homme qui s’avérait finalement avoir beaucoup de chose en commun avec Magnus :

- Si vous réussissez j'en serais rapidement informé. Dans ce cas rendez-vous au large de l'île de Krima pour effectuer l'échange. J'aurai ce que je veux et vous aurez ce que vous voulez. Je vous emprunte votre invité, aussi agréable fut sa compagnie, et je vous salut. Ce fut un plaisir de faire affaire avec vous.

Il salut Anubis d'un hochement de tête, puis repartit vers son navire blindé escorté par sa garde personnel. Il réfléchissait maintenant à comment traiter au mieux ce cher Abélien jusqu'au port de Shaïkos.
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Anubis Thorgana
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MessageSujet: Re: La Bête, la Concorde et le Pacte   Sam 3 Déc - 12:18

Anubis se contenta de hocher la tête à son tour en réponse à Magnus. Puis, voyant que celui-ci retournait dans ses quartiers, il décida lui aussi de réinvestir le pont du Léviathan en compagnie de son équipage, qui rapportait également son lot de morts et de blessés. Sur le pont, le spectacle était désolant : le fier équipage avait essuyé de lourdes pertes, et son moral était au plus bas. Anubis était remonté sur le pont supérieur et contemplait la scène d'un air sombre et déchiré, dissimulant l'intégralité de son visage derrière la masse noire de ses longs cheveux graisseux. Il entendit soudain une voix à coté de lui.

― Vous n'avez pas à vous en vouloir, dit le quartier-maître Philéas Sorg. L'équipage ne vous tiens pas comme responsable de tout ceci. Nous n'avons juste pas eu de chance, c'est tout. Ce sont des choses qui arrivent, et tout pirate sait qu'il y est préparé...
― Des hommes sont morts, aujourd'hui, Philéas, grinça Anubis. Ils sont morts pour les idéaux de la piraterie, et en tant que Capitaine, je suis le garant de ces idéaux... Ils sont morts à cause de moi...
― Ils sont morts pour vous, corrigea Philéas. Parce qu'il vous admiraient, et qu'ils vous aimaient. Ils ne sont pas morts en vain. Après cette conversation avec ce sieur Flavion, il semblerait que nous ayons même gagné en puissance, non ?
― Il a raison, intervint Lestatt, qui n'avait pas pu parler à Anubis de vive voix depuis bien longtemps. Nous avons certes essuyé des pertes, mais nous en essuyons toujours. Et si tu n'avais pas été là, cela aurait été pire... Regarde, Anubis : grâce à toi, le reste de l'équipage, qui aurait pu être massacré, est sain et sauf. Souviens-toi de l'histoire du capitaine Lockmann, qui s'est fait abattre avec tout son équipage par un navire de guerre halderan il y a huit ans, parce qu'il n'avait pas su s'arrêter à temps... Tu n'as pas fait cette erreur. Et, crois-moi, ce n'est pas parce que des hommes de l'équipage sont morts où parce que je suis criblé de bouts de ferrailles que tu n'es plus mon ami... Et en plus, je pense que l'accord passé avec ce Flavion sera fructueux...
― Vous devez avoir raison, murmura Anubis après un long soupir. La journée n'aura pas été vaine... Contre un petit travail pour le compte de ce Magnus Flavion, nous allons pouvoir nous renforcer et accroître notre puissance... Les mers sont toujours à nous, et il me tarde d'avoir tout ce matériel, et de croiser la route de Silver, afin qu'il goûte à tout cela...
― Là, je te retrouve, ricana Lestatt !
― C'est tout de même curieux qu'il est accepté ce marché, dit Anubis. Je ne suis pas un bon négociateur, en général...
― Mais vous et lui êtes de la même trempe, déclara Philéas. C'est normal que vous vous compreniez...
― Sûrement.
Anubis entreprit alors de parler à ses hommes, afin de leur redonner confiance. Il invoqua dans un rapide discours le courage des vaillants soldats de la mer face à des armées anonymes, le souvenir éternel des camarades tombés au combat, la nécessité de poursuivre, en leur honneur, la route qu'ils leur avaient ouverte, et de ne pas oublier ce qu'être un pirate signifie. Les mots d'Anubis, savamment choisis et placés dans la diction parfaite et raffinée du Contre-amiral de la Mort, savaient échauffer les cœurs et ébranler les esprits, si bien que petit à petit la force commune revint dans les corps apathiques des marins tristes. Le Contre-amiral était là pour rappeler que la mort faisait également partie de la vie, et qu'à ce titre, il ne fallait pas pleurer les êtres perdus mais plutôt se réjouir de savoir qu'ils ont enfin trouvé la paix.

Forts de ce discours, les pirates se relevèrent doucement et, mus par la vigueur sereine de l'Océan environnant, commencèrent à remettre de l'ordre sur le Léviathan endommagé, tandis que les membres d'équipage sur l'Hydre de Lerne, qui avaient eux aussi entendu les paroles d'Anubis, faisaient de même sur leur bateau. Les ancres furent jetés, après quoi l'on commença à rafistoler les coques, à briquer les ponts et à soigner les blessés, tandis que les cuisiniers s'affairaient à préparer un grand repas pour remplir les ventres affamés des pirates qui reprenaient vie peu à peu, tandis que le soleil de l'après-midi s'élevait sur l'Océan. Pensif, Anubis observait maintenant les préparatifs du Concordia, qui allait certainement se remettre en route d'un instant à l'autre.

― Ils ont pris l'Abélien, s'enquit Lestatt ?
― Oui, répondit Anubis. Flavion, comme tout Halderan qui se respecte, n'aime pas les Abéliens, qui le leur rendent bien, d'ailleurs. Il a dit qu'il le conduirait jusqu'à Shaïkos. Néanmoins, je me demande s'il y parviendra vivant... C'est dommage, il m'était sympathique. Et il nous a laissé de sympathiques souvenirs, ajouta-t-il tandis qu'un mouton joyeux passait entre leurs jambes.
― Mais, fit Philéas, je me demande... L'Abélien avait un secrétaire avec lui. Ils l'ont embarqué aussi ? Je ne l'ai pas vu...
Sans dire un mot, Anubis et son quartier-maître échangèrent alors un regard étonné. Le doute les assaillit soudainement, vicieux et goguenard. N'avaient-ils pas oublié quelqu'un ?...
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Cléomède Brabantio
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MessageSujet: Re: La Bête, la Concorde et le Pacte   Sam 3 Déc - 12:59

Cléomède cillia. Il avais été sur les nerf, il est vrai, et avais peut êtrei mi un peut trop de venin dans ses propos, lui qui , d'habitude, s’évertuait a contrôler tous gestes et mouvements dans son intérêt. Cependant, quelle que soit sa fougue, bien qu'elle fut très mesurée, au final, et parfaitement justifiée par la nationalité de son interlocuteur, il ne voyais pas le lien de cause a effet avec la réaction. Il ne comprenait pas ce qui avais décidé l’acariâtre personnage a l'inviter a son bord. En tout cas, pour Cléomède, la situation avait empirée. Mais il ne voyait pas par quelle concordance du destin tous ces navires allaient dans la même direction que le sien. Toujours est il qu'il devait agir. D'une part, s'il avais permis de laisser Emilio seul, avec son coffre et son or - il se félicitait toujours de cette décision - il ne pouvais se permettre de faire la même chose avec Chail, et enfin, une fois de plus, les caprices du destin lui démontraient douloureusement, une fois de plus, qu'il n'était pas maitre du sien. Il falait que ça change. Mais pas tout de suite, ce n'était pas le moment. Et pas en pleine mer. Il y pensera avec attention une fois a Shaikos, si telle était leur destination, a moins qu'on ne le conduise sur le sol honni d'haldaran.


- Bon, je vois. Il semble que vous connaissiez bien mal l'empire, mais passons. Monsieur, avant toutes choses, j'aimerai, puisque je n'ai pas le choix, récupérer quelques affaires qui se trouvent dans mes quartiers ainsi que mon secrétaire. Ensuite, j'aimerai qu vous répondiez, s'il vous plait, a deux de mes questions:

d'une part, cher monsieur, j'aimerai savoir en quoi le président d'une société sidérurgique a intérêt a prendre pour otage un Abelien. Ensuite, si cela ne vous dérange pas, je serais intéressé de savoir ce que vous allez faire a Shaïkos.
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Magnus Flavion
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MessageSujet: Re: La Bête, la Concorde et le Pacte   Sam 3 Déc - 15:53

Magnus se retourna vers lui le visage grave:

- Vous n'êtes pas en position d'exiger quoi que ce soit. Il y a eu des morts aujourd'hui et puisque mes hommes ne pourrons pas passer leur nerf sur des pirates, ne m'obliger pas à vous loger dans leur quartier, vous l'Abélien dont on ignore toujours le nom !

Puis il fit signe d'approcher à deux marin dont l'uniforme blanc était recouvert de tâches de sang et de légères brûlures.

- Allez chercher le secrétaire de ce chère Abélien ainsi que ses affaires je vous prie.

- Oui monsieur le Président.


Avant de partir, l'un des marins passa son pouce sous sa gorge, faisant comprendre à Cléomède qu'il ne fallait pas croiser son chemin seul sur le navire.

- Conduisez le dans les quartiers des invités en attendant que son secrétaire le rejoigne. Et arrangez-vous pour qu'il n'en sorte pas.

Puis Magnus tourna les talon, montrant son dos à Cléomède, et s'en alla donner des instructions au capitaine Bonley sur la passerelle de commandement.
Cléomède fut conduit dans une chambre modeste qui contenait deux lits, une table et une armoire. Le garde referma brusquement la porte après son entré, laissant le représentant de l'Empire seul.

***

- Le président sur le pont !

cria l'officier à la barre en voyant entrer Magnus. Le capitaine Bonley était toujours fraîchement vêtue, mais intrigué par le déroulement des évènements.

- Monsieur, vous allez bien ? J'ai appris que ...

- Changement de cap, il se trouve que de nouveaux évènements prioritaire viennent interférer avec mon programme. Je vais laisser ce cher Maximilien Frioli se charger des transactions, il auras la chance de prouver sa valeur en temps que commerciale en face du prince Sulfira.

- Et où allons nous ?

- Nous retournons à Heloron. Si tout ce passe comme prévue, il risque d'y avoir de grand changements pour moi, mon entreprise, et pour vous.

- Vous voulez dire que nous rentrons à Haldaran ?

- C'est exact, je viens de conclure un marché et je me dois de tout mettre en oeuvre le plus vite possible pour l'honnorer.


- A vos ordres !

Alors que dos marins escortaient Chail jusqu'à Cléomède, les moteurs du Concordia se mirent en marche, laissant apparaître dans le ciel de lourd nuages de fumées noirâtres. Prenant cap vers l'Est, vers le gigantesque port d'Heloron, le fleuron du commerce maritime d'Haldaran.
Magnus se rappela soudain qu'il avait promis à l'Abéliens d'arriver à Shaïkos, il espéra sournoisement que ce changement de cap ne le désobligerais pas.
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Cléomède Brabantio
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MessageSujet: Re: La Bête, la Concorde et le Pacte   Sam 3 Déc - 17:03

- Mon nom, je croyais vous l'avoir donné. Cléomède Brabantio, monsieur. Mon secrétaires se nomme Chail Nurrol...Le capitaine tiens sous clef quelques petites armes de poing qui sont les notre... Il avais promis de nous les rendre une fois débarqués. Je suppose que le mieux est qu'il vous les confies?

Cléomède avais parlé alors que le président du consortium s’éloignait et il avait du progressivement élever la voix pour rester audible de son interlocuteur, qui était, Cléomède le savais déjà, fort plus méprisable que son précédent geôlier. Il espérais cependant avoir la possibilité de redresser la situation. Les Halderans étaient sensibles a la flatterie, a l'occasion, il en ferait usage.

Il fut conduit en direction d'une cabine assez proche de celle qu'il avais occupé jusque là, bientot rejoint par un Chail aussi désemparé que par d'habitude, posant des milliers de questions sans que Cléomède ne put en fournir réponse aucune.

Le seul point positif, c'est qu'il n'y avait pas de mouton
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Anubis Thorgana
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MessageSujet: Re: La Bête, la Concorde et le Pacte   Sam 10 Déc - 17:08

Bientôt, le vrombissement des moteurs du Concordia remplit l'espace ambiant de toute la puissance mécanique qu'ils fournissaient. Sur le pont supérieur du Léviathan, Anubis regarda distraitement le bâtiment blindé s'éloigner petit à petit de la zone où les deux monstres des mers s'étaient bousculées il y avait quelques heures à peine. Le bateau de Magnus avait essuyé quelques dégâts qui n'étaient pas négligeables, même si la flottille d'Anubis se montrait en plus piteux état encore. Dans un sursaut de lucidité, alors qu'il était perdu dans ses pensées, le Contre-amiral de la Mort remarqua quel cap avait pris le bateau.

― Ils retournent vers le Continent, murmura-t-il plus pour lui-même que pour Philéas et Lestatt, situés à quelques pas de lui. Ce pauvre Cléomède Brabantio n'est pas prêt d'atteindre sa destination...
Les deux Abéliens lui manquait un peu. Il les trouvait amusants, à leur manière. Le marchant de tapis avait peu de temps auparavant récupéré son secrétaire et ses effets personnels ― à l'exception bien entendu de ses tapis qui orneraient les cabines du Léviathan d'une délicieuse façon, ainsi que de ses moutons qui erraient désormais sur le bateau d'un air totalement ahuri, mais joyeux. De la joie, on en trouvait peu sur le navire : l'équipage, le cœur grossi d'espoir et de liberté, et des larmes plein ses yeux gonflés, s'attelait à remettre les bateaux en état de naviguer sans problèmes, tout en ruminant la douleur des pertes subies. On dénombrait un peu moins d'une trentaine de victimes, sur un équipage d'environ deux cents matelots, ce qui était un bilan très lourd. Anubis fulminait en silence. Il est toujours difficile pour un chef de perdre ses hommes, surtout lorsqu'il connait leur dimension humaine... Une phrase le tira soudain de ses rêveries.

― Le Soleil descend à l'horizon, monsieur, dit Philéas. Ne devrions-nous pas partir ?
― Pas aujourd'hui, répondit Anubis après un bref silence, qu'il avait mit à profit pour revenir à la réalité et observer le Soleil rougissant resplendir à seulement dix degrés au-dessus de l'horizon. Nous allons passer la nuit ici, afin d'achever les réparations prioritaires et de laisser les hommes se reposer, et demain matin nous mettrons le cap sur Nhom Lutt Pan.
L'Archipel regorgeait de petites localités, disséminées sur des îles peu connues ou dans des criques tranquilles, qui étaient entièrement tournées vers la piraterie. En vertu du Code d'Honneur de la piraterie, tous les pirates pouvaient y trouver refuge et y rester aussi longtemps qu'ils le souhaitaient sans avoir à craindre quoi que ce soit. Nhom Lutt Pan en faisait partie. Cette petite ville s'élevait au fond d'une baie paisible sur une grande île à quarante kilomètres à l'Est de Shaïkos. Là-bas, Anubis et ses hommes trouveraient de la main-d’œuvre spécialisée pour les aider à remettre le Léviathan et l'Hydre de Lerne à neuf, ainsi que de la distraction et du repos. Ils pourraient ainsi prendre le temps de se rétablir de ce combat violent, avant de repartir...


***

Le soir tomba rapidement sur l'Océan, et la nuit encercla les deux navires d'Anubis. À la lueur des bougies et des lanternes, l'équipage au complet se retrouva sur le pont principal pour partager un repas en la mémoire des hommes tombés au combat. Comme le voulait la tradition, les corps de ces derniers reposaient dans des sortes de cercueils de bois ― spécialement fabriqués par le menuisier de bord et ses assistants ― aux cotés de leurs effets personnels et d'un diamant gravé de symboles ésotériques, qu'Anubis avait lui-même placé dans leurs mains. Le nom du défunt était inscrit en lettres d'argent sur le haut du cercueil, et en-dessous figuraient ses dates de naissance et de mort, un épigraphe rédigé par ses camarades ainsi que le sceau d'Anubis, afin de garder une trace de son appartenance à l'équipage du Contre-amiral de la Mort.

On mangea le repas préparé par les cuisiniers de la flotille dans un silence respectueux, qui n'empêchait pas les conversations amicales de fuser de partout. L'ambiance, si triste soit-elle, se voulait néanmoins conviviale, et plus que jamais l'on pouvait ressentir à quel point l'équipage d'Anubis était soudé. En bout de table trônait ce dernier, entouré de Lestatt, de Philéas, de John et de ses autres quartier-maîtres. Tous discutaient de choses et d'autres dans l'atmosphère lourde qui régnait ; seul Anubis ne parlait pas. Il observait ses hommes sans dire un mot, et n'avait presque rien mangé. En revanche, le nombre de bouteilles de rhum vides sur sa table atteignait un niveau relativement impressionnant. Pourtant, Anubis était toujours sobre, et sombre aussi.

Finalement, lorsque les dernières assiettes furent vides, tout le monde se leva pour procéder à la cérémonie funèbre qui accompagnait traditionnellement le départ définitif des défunts. Anubis tenait dans sa main un petit livre relié de cuir noir, dont les pages parcheminées et décrépies trahissait le grand âge, et dont les symboles incompréhensibles qui ornaient sa couverture ne laissait aucun doute quant à son étrangeté, et récitaient des psaumes occultes dans un dialecte mystérieux qu'il paraissait être le seul à connaître, tandis que les matelots adressait un dernier au revoir à leurs amis disparus, avant de basculer un à un les cercueils par-dessus bord. L'effet était légèrement effrayant, mais la tradition voulait que le Capitaine adresse à chacun des défunts une prière pour les guider vers l'Au-delà, et Anubis le faisait... À sa manière. Cependant, l'équipage y était un peu habitué, même s'ils tressaillaient en entendant ces étranges poèmes :

Delinius, zhaalok'en thot, sem bratem zhinlii'og zhull thenimaas, zek liiv ahütten brödelaktus dann zertherekht... Zhiintaas theska nött gaarekh sül, anhabaantas theyla sülib...
Le dernier cercueil confié à l'Océan, Anubis cessa ses incantations de paix pour l'âme de ses hommes disparus, et, sans dire un mot de plus, tandis que tout le monde se recueillait en regardant en directions des cercueils qui flottaient maintenant vers le large, retourna s'enfermer seul dans sa cabine.
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Lyina Neluira
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MessageSujet: Re: La Bête, la Concorde et le Pacte   Sam 10 Déc - 21:43

Le combat avait migré sur le Léviathan. La situation ne s'annonçait pas magnifique pour nous. Un ami d'équipage blessé, puis un autre mort, un ennemi mort, puis dix qui ripostent. Comme quoi, une manière organisée de combattre pouvait être efficace parfois...
Quelques instants plus tard, un soldat me menaça de son épée. Il était derrière moi et sa lame contre ma gorge. Cela m'arrêta et je pus regarder la scène : Quasiment tout l'équipage s'était rendu, arme posée, mains sur la tête, et entouré d'adversaires menaçants fièrement. Echec critique, en somme. Puis, je ne sais pourquoi, je voulu savoir où le Capitaine se trouvait, s'il s'était rendu...s'il était en vie. Je le trouva du regard à l'opposé du pont supèrieur, debout, pointant son sabre vers le sol où devait se trouver sa proie. Proie que je devinais importante car tous les mercenaires étaient fusils et épées prêts à attaquer Anubis.
Etait-ce une défaite? Qu'allait-il se passer maintenant? Allions-nous mourir, tous les uns après les autres, exécutés comme de vulgaires veaux et cochons? Ou bien quelqu'un trouverai une solution, une contre attaque puissante, surprenante, qui nous sortirait tous indem? Ces plans tordus d'évasions fumantes, seule moi avait le cran de les chercher et de les exécuter. J'aurais été près de la barre, j'aurais booster les machines, mis plein gaz, afin de déséquilibrer tout le monde en espérant que mes compatriotes y trouveraient une opportunité.... Mais voilà, la bare était loin, et ça restait risqué.


- Lâchez votre arme, maintenant!

C'était un mercenaire qui criait sur Anubis. Que se passait-il là-bas...?

- Toi aussi, lâche ton....heu, ton...

Cette fois, c'était plus bas, et ça venait de derrière moi. Un coup d'oeil par-dessus mon épaule et je vis mon soldat menaçant à moi. Il semblait avoir mon âge à peine...et pas réussir à définir ma louche.

-Monsieur, croyez-vous que moi, petite cuisinière, je peux faire le moindre mal avec cet outil de cuisine?

Tandis qu'il eu un air perplèxe accompagné d'une bouce bée, un de ses compagnons, plus vieux et bien amochés d'une bosse bleutée saignante, arriva pointant son pistolet sur moi.

- Taits-toi sorcière, dans tes mains même une petite cuillère devient meurtière!

Le petit jeune vit la blessure de l'autre et pâlit. Son regard altérnait rapidement entre ma louche et la bosse.

- J'avoue que la petite cuillère est très efficace, mais peu commode dans une pagaille aussi grande...

Comme insulté de ma petite arrogance, le vieux blessé par coup de louche dressa encore plus son bras, se retenant de tirer. Enfin, d'une "infinie politesse", il me demanda de rejoindre le groupe de pirates désarmés et à merci. Ce groupe étant plus proche d'Anubis, je ne résistai pas et m'y rendais. Je voulais savoir ce qu'il se passait entre le Capitaine et cette personne importante aux yeux de nos adversaires.
De là où je me trouvais désormais, je pouvais voir plus clairement la scène. Le Capitaine avait le pied sur un homme à l'allure riche et distinguée -malgré sa posture fort peu valorisante- et son sabre contre sa gorge, qu'il retira quelques secondes après le début de mon observation. Cependant, son pied retenant l'homme lui valait toujours les fusils et épées menaçants.


- Nous n'avons pas été présenté. Je me nomme Anubis Thorgana. J'ai cru comprendre que vous êtes président de quelque chose ? Quoiqu'il en soit, je vous saurais gré de dire à vos chiens de garde de braquer leurs fusils ailleurs que sur ma personne. Vous constaterez aisément que la situation est bloquée ; aussi, il serait plus judicieux que nous évitions le bain de sang. De plus, vous m'intriguez, ajouta-t-il en retirant son pied pour le poser une vingtaine de centimètres plus loin, laissant davantage de liberté au Magister ; ne pourrions-nous pas nous entendre?

Président? Voilà donc le rôle de cet homme. Cela dit, je m'en moquais assez sur le moment, trop choquée par ce que venais de dire Anubis. "Nous entendre"? Négocier pour sauver sa peau? Pour moi, ça revenait à abondonner lâchement, car même si tout espoir était perdu, un pirate se battait jusqu'à la mort, selon moi. Non pas que la mort me plaisait, mais des négociations avec ce genre de type pompeux...

-Monsieur Thorgana ... Oui, je sais qui vous êtes. Ou du moi je l'ai déduit. Je me nomme Magnus Flavion, et comme vous l'avez remarqué, je suis président du Consortium.
Il est vrai que la situation mérite mieux qu'un bang de sang finale. Si vos pirates déposes les armes, je vous promet que mes hommes les relâcheront.

Président du quoi? Enfin, non, peu importe. Déposer les armes? La plupart l'avaient déjà fait et s'étaient rendus, il devait être un peu gâteux, ou bigleux, ou voulait-il insister sur le fait qu'on devait tous se rendre...
Qu'allait demander ce jeune papi pour nous laisser la vie sauve? Des idées toutes plus ou moins recherchées et pessimistes sur la question me venaient par dizaines. Le Léviathan en échanges de nos vies? Tout nos butins et trésors? Ou bien...Anubis...? Cette idée-là me provoqua un léger frisson de tristesse. Certes, le Capitaine n'avait jamais été celui avec qui je riais le plus, ou quoi que ce soit...Mais pour moi, il y avait une sorte de lien un peu complice et saugrenu qui est né l'instant où j'ai répondu à son interrogatoire par une demande d'embauche dans la piraterie, demande provocante et osée. Il l'avait accepté sans plus développer des questions sur le pourquoi du comment, et c'était cela qui faisait qu'Anubis était MON capitaine. On était complice dans la provocation et cette absurdité qu'était d'enrôler une femme d'à peine vingt ans. Ainsi, pour moi, il était inconcevable que j'obéisse à un autre Capitaine qu'Anubis.
Mes pensées s'effacèrent et laissèrent place à la suite de leur conversation -dont j'avais dut louper un morceau-.


-Si je vous disais qu'il existe un remède, seriez-vous prêt à louer vos service en temps que mercenaire ? Vous êtes un homme intelligent et un bon tacticien. Je respecte mes ennemis, surtout quand je sais qu'il peuvent s'avérer être utile en travaillant pour moi. Quand dîtes-vous ?

- Vous êtes bien plus renseigné que je ne le pensais, monsieur Flavion, Néanmoins, j'ai abandonné l'idée de mercenariat il y a bien longtemps ; je tiens à ma liberté. Cela dit, une éventuelle coopération avec vous ne me dérangerait guère, au contraire, il se pourrait même que vous soyez en mesure de fournir la distraction qui nous manquait à bord du Léviathan... Quant à cette histoire de remède... Croyez-vous
vraiment que ce soit possible ?

Ces deux-là s'étaient bien trouvé. Chacun aussi fourbe et marchandeur que l'autre.
Un petit soulagement pour moi, Anubis semblait déterminer à ne jamais s'enrôler dans le mercenariat, donc à ne jamais quitter la piraterie.
Un remède...Il me semblait bien qu'il était atteint d'une maladie. J'en avais maintenant enfin la confirmation indirectement.


- Cela me paraît raisonnable. Mais laissez donc mon équipage regagner mon bateau, avant tout autre
chose.

Il rangea son sabre et poursuivit les négociations en parlant de matèriel en échanges de services. Vu comment il était parti, aucune raison de s'inquiéter, il trouvera toujours un moyen de tirer profit. Après quelques paroles, ce Président donna l'ordre de nous relâcher. Les soldats baissèrent leurs armes et se redirigèrent vers leur navire respectif. Le vieux louché (blessé par louche) passa derrière moi et soupira de déception, sans doute de ne pouvoir me rendre ce coup que je lui ai donné, et l'envie étant trop forte, je tendit ma jambe sur laquelle il tribucha sans tomber. Il ne réagit pas mais je sentais son regard méprisant et colèrique posé sur moi. Petite vengeance pour le 'sorcière'... Cette scènette amusa silencieusement mes compagnons qui l'avaient vu. Pendant ce temps, la discussion des deux vautours, rapaces d'arrangements, poursuivait.

- Je m'arrangerais pour vous obtenir un antidote à votre maladie, mais cela demandera surement du temps. Je vous fournirai de quoi remettre votre navire à neuf et je peut vous obtenir quatre canon gros calibres comme ceux de mon navire, vous savez mieux que quiconque les dégâts qu'il peuvent causer. Si vous voulez être respecté lors d'un abordage, je vous trouverai des fusils digne de ce nom.
Mais en échange, je dois compter sur vous pour faire en sorte que mes convoi ne soient jamais en danger sur ces mers, et bien sûre me rendre un ou deux service. Il y a une île au Nord-Est de l'Archipel. Son nom est Voldo, c'est là que mon ami aime à cacher ses secrets. C'est sa petite forteresse, bien gardée mais pas impénétrable. Ces secrets seraient très compromettant pour lui si ils étaient révélés au grand jours. C'est pour ça qu'ils me les faut. Accepteriez vous ce petit travail en échange du matériel que je vous offre?

Anubis répondit à ces propositions, puis le Capitaine de l'Hydre de Lerne, Lestatt se joignit à eux. Courte présentation et il reprit à propose de cette île Voldo et de ce que l'autre homme demandait qu'on y trouve. Hochement de tête du fourbe ennemi, et enfin conclusion positive du marchandage.
Là arriva le vieil otage de tout à l'heure, "escorté" par deux mercenaires. Il n'avait pas l'air très rassuré. Dans les yeux d'Anubis, on pouvait lire un brin d'amusement en voyant les deux hommes du continent se rencontrer. Je cru comprendre, grâce à une brève remarque d'un des canoniers, que c'était une dispute politique qui risquait d'éclater. Il y avait donc des désaccords entre minimum deux camps sur le terre ferme? J'en avais un peu entendu parler étant petite, mais sur mon île agricole et paumée, c'était pas le sujet de discussion principal...
En tout cas, ce Cléomède avait piqué un salami des cusines, et qu'on lui coupe son en-cas lui avait donné de la provocation à revendre.
Je ne suivis plus la conversation. Tout le monde semblait satisfait de cet arrangement, que la bataille soit achevée... M'étais-je trompé sur la piraterie et ses idéaux? Un pirate peut donc lâchement négocier pour sauver sa peau et son bateau?
Tout se bousculait dans ma tête à bizarreries. Je m'étonnais d'être déçue de cette bataille et de ces morts évitées, je ne savais plus quoi pensé, quel opinion avoir... Pendant ce temps, l'équipage commençait à ranger, à soigner les blessés, tout revenait peu à peu à la normale d'une fin de combat.
Le discour du Capitaine sur notre vaillance, notre courage, le souvenirs de nos pertes, ect. Cela semblait convenir à tout le monde sauf à moi.
Quelques instants plus tard, deux mercenaires revinrent pour chercher le secrétaire de Cléomède. Il ne semblait pas énormément vouloir les suivre, mais n'avait pas le choix. Et voilà, cette fois, nous n'aurons sans doute plus jamais leurs bottes militaires propres et serrées sur notre pont.

Résignée, je commençai à ranger en ramassant des débris d'obus. Le silence régnait sur le pont, parmi tout l'équipage.
Le temps passa assez vite malgré nos occupations "très joyeuses". Le crépuscule était déjà là. J'aida à allumer les bougies et chandelles. Lorsque l'obscurité tomba, elles émanèrent une lumière très agréables et jolie. Cela aurait fait un beau dessin finie à la peinture... Mais l'art n'était pas dans mon humeur du jour.
La tradition faite après chaque bataille se fit. Les cadavres étaient posés dans des cercueils en bois et un repas tous ensemble eu lieu sur le pont principal. Il était solennel mais pas au point d'être triste et silencieux.
Puis il y eu la cérémonie funèbre avec le célèbre discours-poème-prière en langue étrangère du Capitaine, finissant avec la jettée à l'eau des cercueils. Tandis que tous le monde, moi compris, se recueillait, Anubis s'en alla vers sa cabine où il s'enferma de nouveau. Ses vieilles habitudes reprenaient déjà.
Je pouvais... Oui, je devais. Je quitta l'attroupement et me dirigea à mon tour vers sa cabine. Devant la porte, je commença à frissoner. Rares avaient été les fois où j'ai mis les pieds dans cette pièce, et la raison qui m'y ammenait ce soir-là n'était pas digne d'une visite chaleureuse. Mais j'avais besoin de vider mon sac à la personne la plus concernée...
Je toqua. Il y eu un silence et enfin une réponse breve.


- Entrez.

Gloups. Poignée enclenchée, porte poussée et me voilà dans une pièce sombre, éclairée de seulement un chandelier à cinq bougies posé sur le bureau.

- Et bien Lyina, que faites-vous là?

Anubis était assis sur son lit situé au fond. Aucune expression n'était visible sur son visage caché dans la pénombre. J'aurais aimé faire durer le silence, mais il avait déjà posé la question qui devait avoir une réponse.

- Et bien, Capitaine... A vrai dire je...j'ai...je suis un peu déconcertée par cet arrangement avec ce....ce monsieur du continent. Enfin, c'est pas le résultat des négociations, ni l'autre camp des négociateurs qui me gène... Plutôt...le principe.

Et voilà, je me suis lancée. Une interrogation me vint : Allais-je ressortir vivante de cette pièce?

- Du principe?

- Oui, heu... C'était un peu...une échapatoire facile. Disons que....cela moi, un pirate se bat jusqu'à la victoire, ou jusqu'à la mort. Et là, de simples négociations entre vous et ce...bonhomme tordu nous ont sortis de la situation critique dans laquelle on était. Certes, ça peut être considéré comme un coup de chance, mais dans mon cas...

Mon rythme cardiaque augmentait de mots en mots, comme le ton de ma voix et ma peur.

- Dans mon cas, c'est comme un acte lâche. Nous aurions put poursuivre la bataille. Peut être que nous serions tous mort à l'heure qu'il est, mais ça aurait été dans l'honneur et la rage de vaincre, nous... Enfin.... Je ne sais comment expliqué clairement mon ressentiment, Capitaine...
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MessageSujet: Re: La Bête, la Concorde et le Pacte   Dim 11 Déc - 16:04

Anubis, entouré d'ombres et de ténèbres, regardait fixement Lyina comme s'il avait voulu la précipiter dans un néant infini. Mais, à la lueur vacillante des bougies du chandelier, elle ne pouvait pas le voir. Lui, en revanche, voyait bien les émotions et sentiments contradictoires qui évoluaient à l'intérieur de l'esprit de la jeune femme. Elle ne se sentait pas en sécurité. Elle avait certainement raison... Il écouta attentivement ce qu'elle avait à dire, relevant chaque mot, chaque phrase et chaque idée qu'elle tentait de formuler et en la gravant dans sa tête ; jusqu'à ce qu'elle ne trouva plus de mots. Et Anubis ne dit rien. Il savoura, durant une longue minute, la tension étrange qui s'installait dans la pièce close et faiblement éclairée où ils se trouvaient tous les deux, observant attentivement son interlocutrice qui attendait d'un air vaguement perdu une réponse de sa part. Puis, calmement, dans un murmure aux sonorités démoniaques, un mot s'échappa de sa bouche :

― Lâche ?...
Il aurait juré qu'à ce moment précis, un frisson avait parcouru l'échine de Lyina. Il n'avait pas bougé, restant assis sur son lit, dissimulé dans la pénombre, et regardait toujours la jeune femme.

― Seriez-vous en train d'insinuer, mademoiselle Neluira, qu'il aurait mieux valu que nous mourrions tous aujourd'hui ? Abattus, comme des animaux enragés, par des fusils impersonnels et privés d'âmes ? Seriez-vous en train de me dire que, selon vous, j'aurais pris la mauvaise décision, et qu'au lieu de me préoccuper de votre survie à vous et à vos camarades, j'aurais mieux fait de trucider ce comte de Flavion avant de moi-même rejoindre les Limbes éternelles, et de vous abandonner purement et simplement à votre sort ? De vous laisser aux mains de mercenaires sans foi ni loi, assoiffés de sang, qui ne vous auraient alors fait connaître que les douleurs de la torture et les affres de la mort ? Est-ce cela, mademoiselle Neluira, que vous attendiez de votre Capitaine ?
Ces paroles avaient été prononcées doucement, dans un souffle davantage proche du chuchotement que de la voix parlée. Anubis ne bougeait toujours pas, mais la tension dans la pièce semblait s'intensifier. Il avait du mal à saisir le point de vue de la jeune femme. S'il avait tué Magnus Flavion, il se serait fait tuer immédiatement après, et dès ce moment, son équipage aurait été privé de Capitaine. Un Capitaine qui abandonne son équipage est un lâche. S'il s'était rendu, cela aurait été pire. Le déshonneur, la trahison du Code. Il n'y avait de toute façon même pas songé. Mais passer un accord avec l'autre camp n'était pas une lâcheté. Les avantages y sont multiples, d'autant plus qu'il était en position de force, tenant Magnus au bout de son sabre... Il sourit légèrement lorsqu'une autre pensée lui vint à l'esprit : Lyina voulait-elle vraiment mourir ?...
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Lyina Neluira
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MessageSujet: Re: La Bête, la Concorde et le Pacte   Lun 12 Déc - 20:58

Un long silnce envahit la pièce. Ce n'était guère rassurant, et me faisait regretté chaque seconde de plus en plus ce que je venais de dire.
Cependant, ce silence pesant n'était rien face à ce mot qui me donna encore plus peur.


- Lâche?...

Je crois qu'à cet instant, je fus prise de tremblements dans ton le corps dans l'espace d'une seconde à peine. Qu'allait-il faire? Me crier dessus? Me tuer ici et maintenant, ou bien plus tard? Ou pire, me renvoyer définitivement de son équipage? J'aurais presque prier je ne sais quel Dieu pour la première option...
Je n'eu le temps de trouver le courage de m'excuser pour partir en courant de cette pièce qu'il poursuiva déjà.


- Seriez-vous en train d'insinuer, mademoiselle Neluira, qu'il aurait mieux valu que nous mourrions tous aujourd'hui ? Abattus, comme des animaux enragés, par des fusils impersonnels et privés d'âmes? Seriez-vous en train de me dire que, selon vous, j'aurais pris la mauvaise décision, et qu'au lieu de me préoccuper de votre survie à vous et à vos camarades, j'aurais mieux fait de trucider ce comte de Flavion avant de moi-même rejoindre les Limbes éternelles, et de vous abandonner purement et simplement à votre sort? De vous laisser aux mains de mercenaires sans foi ni loi, assoiffés de sang, qui ne vous auraient alors fait connaître que les douleurs de la torture et les affres de la mort ? Est-ce cela, mademoiselle Neluira, que vous attendiez de votre Capitaine?

Ses paroles étaient calmes..trop calmes, presque. C'en était vraiment terrifiant car je ne savais pas vraiment sa réaction exacte. Etait-il énervé? Insulté? Hors de lui? Bien qu'il ne le montrait pas plus que ça, je savais bien que c'était le cas. Cela se sentait...

- Capitaine, je..Je ne voulais pas dire ça comme ça... Il est vrai qu'avec la situation qu'il y avait, les choix était pas nombreux... Et je comprend que vous préférez saisir une échapatoire assez aventageuse plutôt que de mourir, nous laisser mourir et laisser votre navire aux mains de nos ennemis... Tout le monde préfère ça... Personne ne veut mourir, et encore moins comme cela. Tout le monde comprend ce choix, mais je... J'ignore pourquoi, mais la mort...

Je n'avais plus vraiment conscience de ce que je disais, mes pensées s'exprimaient seules sans passer par la case 'est-ce-que-ce-que-je-dis-est-correct-ou-non'. Cela me rendait étrange -différement de d'habitude-, comme si j'avais un grand vide dans tout le corps, tel le creux d'une armure. Et la lourdeur de mes jambes indiquait une armure de métal. Le fait d'exprimer ainsi mon ressenti et mon incompréhension envers moi-même me fis monter des larmes. En plus de l'obscurité vint le flou causé par l'eau dans mes yeux, prête à couler.

- La mort me semble pas...Terrible... Enfin, elle est quand il s'ait des autres, mais pour moi... Je crois que moi, me battre jusqu'à la mort ne me gènerai pas... Et voir tout le monde mourir autour de moi me causerai certes une souffrance, mais je serais consciente que je mourrai également, effaçant ma tristesse et ma colère, et peut être pour vous rejoindre de l'autre côté, si jamais il y en a un...

Pourquoi je disais ça? Etait-ce vraiment ce que je pensais? Mon avis sur la question? Mes yeux trop remplis lâchèrent les larmes. J'avais froid, ou chaud, je ne savais pas. C'était comme quand on est malade. Des frissons gelés accompagnés de bouffés de chaleur.

- Ce n'est...sans doute pas normal une telle façon de penser à mon âge... Je... Excusez-moi Capitaine...

Je pouvais parler haut, faire des bruits bizarres, me comporter pire qu'un homme, voler des cadavres, bricoler une barre, me battre avec une louche, mais pleurer devant mon Capitaine, cela semblait au-dessus de toute mes forces, et pour la première fois depuis mon insertion totale dans l'équipage je me sentais couverte de honte. Je me cacha automatiquement et bêtement en plaquant mes mains contre mon visage. Bien entendu que cela ne pouvais me faire disparaître, même si ça aurait été un grand soulagement, mais je pouvais au moins cacher ce visage ruisselant de larmes et claquant des dents. Cela ne m'empêcha pas pourtant de murmurer.

- Pardon Anubis....pardon....
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Anubis Thorgana
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MessageSujet: Re: La Bête, la Concorde et le Pacte   Sam 17 Déc - 15:20

Anubis ne sut pas comment réagir. Face à lui, Lyina, qu'il avait toujours connu sûre d'elle, enjouée et espiègle, apparaissait fragile et perdue. Les larmes coulaient le long de son visage, qu'elle avait enfoui dans ses mains, et s'écoulaient une par une sur le sol de bois, chacune illuminée l'espace d'un instant par les flamme du chandelier. Il sentait que la jeune fille s'effondrait sur elle-même, comme si le poids de tout ce qu'elle portait au fond de son cœur s'était violemment écrasé sur son âme cristalline. Il avait toujours vue en elle une petite fille davantage préoccupée par ses jeux et ses délires adolescents que par la compréhension du monde, et soudainement elle se montrait soucieuse et triste, et se révélait à lui comme une vraie femme...

Mais s'était surtout par ses paroles qu'elle l'avait surpris. Anubis ne s'était pas attendu à de telles réflexions sur la mort de sa part. Et cette manière spontanée qu'elle avait eu de lui demander pardon, en le tutoyant et en l'appelant par son prénom... Que pouvait-il bien se passer en elle ? Enfin, il bougea. Sa tête franchit la limite entre l'ombre et la lumière, et son visage devint alors visible pour Lyina. Il se leva et s'approcha doucement de la jeune femme. Sur son visage se mêlaient une dureté rageuse, due à l'énervement qui s'était imposé à lui lors des premières paroles de Lyina, puis lorsque certaines pensées de son propre passé lui étaient revenues, et une compassion sincère, tandis qu'elle continuait de verser ses larmes, lui rappelant ainsi que lui aussi avait un cœur. Il lui murmura d'une voix douce :

― Il n'y a pas d'âge pour se poser des questions, Lyina. La mort est au cœur de la vie, elle est une force qui nous hante et nous menace à chaque seconde... Mais elle est surtout une libération de l'âme, un salut suprême pour nos âmes abîmées par les absurdités de ce monde. Cependant, la plupart des gens en ont une peur effroyable, et il serait cruel de confronter quelqu'un que l'on aime à sa plus grande crainte lorsqu'il n'y est pas préparé... Je n'ai pas peur de la mort, et cela ne m'aurait dérangé non plus de laisser ma vie sur le pont du Concordia. Mais j'ai un équipage, en partie craintif, qui m'aime et que j'aime. Et en tant que Capitaine, je me dois de le protéger. Dussé-je pour cela sacrifier mes rêves de trépas... Il y a mille moyens de finir sa vie, et je choisirais celui qui me plaira le plus et qui m'évitera le déshonneur du Capitaine qui abandonne son équipage.
La jeune fille, à une cinquantaine de centimètres devant lui, se faisait toute petite face à sa stature haute et sevère. Pourtant, il se montrait plus chaleureux que d'habitude. Sa froideur vide avait laissé place à une légère pointe d'humanité dont il n'était pas coutumier.

― La souffrance est la marque de la vie, l'apaisement celle de la Mort. Cela parcourt notre échine tel un serpent rugueux et féroce qui vampiriserait toutes nos idées de bonheur, et nous conduit à l'errance sans fin... La solution est à portée de tout sabre, de tout poison, de tout pistolet. Alors pourquoi restons-nous ici ? Quelle forme de bonheur la vie aurait-elle à nous offrir, que la Mort elle-même ne pourrait nous donner ?... Mystère...
Ses mots restèrent en suspens dans l'atmosphère sombre et confinée de la pièce. Anubis ne savait plus quoi penser. Lui aussi se sentait un peu perdu ; mais c'était pour lui presque une habitude. Et finalement, sans savoir s'il s'agissait bien de lui ou pas, une dernière phrase s'échappa de sa bouche :

― Je vous pardonne, Lyina...
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MessageSujet: Re: La Bête, la Concorde et le Pacte   Jeu 22 Déc - 14:33

Pourquoi ces paroles sur la mort? Pourquoi ces larmes? Je n'en savais rien. Ce dont je me rendais compte, c'était que je me montrait fragile à cet instant plus que dans toute ma vie. J'avais toujours caché mes réflexions sur la vie, mes peurs angoissantes et mes larmes. Même avant d'être embauché dans la piraterie... Avant... Mon île natale, ce trou paumé flottant sur les eaux où les seules grandes occupations de la vie étaient ses petites récoltes, et les préoccupations fonder une famille et se fondre dans la masse sans se faire remarquer. Je n'ai jamais regretté cette vie et cette destinée-là, l'aventure et la folie me plaisaient bien plus. Mais, repensant à tout cela, tout mon parcours, je réalisais que je n'avais pas grandi. J'étais restée une enfant joueuse et curieuse, une adolescente aux airs solitaire et rêveuses d'aventures folles... Et pourtant j'avais vingt et un ans. Et aujourd'hui, je me rendais compte à quel point être adulte était difficile. J'avais osé parler franchement d'une chose sérieuse à mon supérieur ce qui m'a valu une belle colère de sa part. Voilà ce que j'avais jamais vraiment vécu : se faire disputer par la personne à qui on doit le plus d'obéissance.
Oh, je m'étais bien faite grondée par mes parents à l'époque, mais comme je m'en fichais et les écoutais pas... Là, c'était différent. Qui plus est, on ne m'avait jamais reproché quoi que ce soi, et encore moins Anubis. Un adulte aurait pris sur lui, et l'enfant que je suis a pleuré. Pleuré par peur d'être chassée du navire, par honte d'avoir associé le Capitaine au mot 'lâche', par effrayante surprise de penser de telles chose et par découverte de ma faiblesse enfantine.
Peut être qu'il ne voyait pas cela comme ça, mais qu'importe, ma douleur était trop grande pour pouvoir arrêter mon sanglot.

Tandis que je restais bêtement debout à verser des larmes que je tentais de cacher avec mes mains, j’entendis Anubis avancer vers moi, mais cela ne me procura aucune réaction, bien trop effondrée pour me reprendre. Puis il parla d'une voix douce -à se demander si c'était bien la
sienne- :


- Il n'y a pas d'âge pour se poser des questions, Lyina. La mort est au cœur de la vie, elle est une force qui nous hante et nous menace à chaque seconde... Mais elle est surtout une libération de l'âme, un salut suprême pour nos âmes abîmées par les absurdités de ce monde. Cependant, la plupart des gens en ont une peur effroyable, et il serait cruel de confronter quelqu'un que l'on aime à sa plus grande crainte lorsqu'il n'y est pas préparé... Je n'ai pas peur de la mort, et cela ne m'aurait dérangé non plus de laisser ma vie sur le pont du Concordia. Mais j'ai un équipage, en partie craintif, qui m'aime et que j'aime. Et en tant que Capitaine, je me dois de le protéger. Dussé-je pour cela sacrifier mes rêves de trépas... Il y a mille moyens de finir sa vie, et je choisirais celui qui me plaira le plus et qui m'évitera le déshonneur du Capitaine qui abandonne son équipage.

Bien que j'ai tout entendu, j'avais du mal à mettre un sens sur tout ses mots...
Je le sentais si proche...


- La souffrance est la marque de la vie, l'apaisement celle de la Mort. Cela parcourt notre échine tel un serpent rugueux et féroce qui vampiriserait toutes nos idées de bonheur, et nous conduit à l'errance sans fin... La solution est à portée de tout sabre, de tout poison, de tout pistolet. Alors pourquoi restons-nous ici? Quelle forme de bonheur la vie aurait-elle à nous offrir, que la Mort elle-même ne pourrait nous donner? ... Mystère...

Je releva les yeux doucement. Son visage était toujours sombre, mais il y avait dans ses yeux une sorte de compréhension étrange. Son regard posé sur moi aurait put m'effrayer, s'il ne me semblait pas tendre et compatissant. Était-ce bien lui? Cette question se renforça lorsqu'il reprit la parole.

- Je vous pardonne, Lyina...

A ces mots, beaucoup de gens seraient soulagés et se calmeraient. Mais voilà, je ne faisais pas partie des majorités, et ces mots amplifiaient ma honte et mon chagrin. Était-ce pour cela que je me jeta dans ses bras? Ou bien était-ce par envie d'être mise six pieds sous terre? Je n'en savais rien. Je le serais dans mes bras comme s'il avait un vieil et tendre ami de longue date là pour me réconforter, même si j'étais plus ou moins consciente que c'était loin d'être le cas. Mes larmes s'arrêtèrent et ma respiration se calmait, tel l'effet d'un ours en peluche dissipant la tristesse d'une enfant -cela étant, Anubis était l'opposé d'un ours en peluche-.
Comment allait-il réagir? Aucune idée, mais étrangement être ainsi me faisais du bien.
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Anubis Thorgana
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MessageSujet: Re: La Bête, la Concorde et le Pacte   Sam 7 Jan - 16:21

Anubis se figea d'un seul coup. Bien qu'il le savait inconsciemment, un certain laps de temps s'écoula avant qu'il ne se rende vraiment de se qui se passait. Lyina le serrait dans ses bras comme pour chercher du réconfort, et se blottissait tout contre lui. Encore une fois, il ne sut pas comment réagir. Instinctivement, il posa la main sur le manche de sa dague à sa ceinture, comme pour se défendre contre une agression violente, mais il se reprit lorsqu'il finit par se dire qu'un tel acte n'avait rien d'agressif. Au contraire, il s'agissait d'une marque d'affection qu'il n'avait pas connu depuis bien longtemps. Depuis tant d'années... Il eut la vision furtive de Ludmilla ("Que son sang pourrisse !", songea-t-il alors), mais également de ces jeunes années où il vivait heureux auprès d'elle...

"Mais tout n'est qu'illusion !", hurla une voix sa tête. Ce brusque retour en mémoire de ces souvenirs douloureux le fit pâlir ― dans la mesure où cela était encore possible. Puis, revenant à la réalité, il se décida à poser une main sur l'épaule de la jeune fille, afin de la consoler un peu. Lyina cessa bientôt de pleurer, et sa respiration, délaissant les sanglots, redevint calme et apaisée. Anubis, troublé par la situation qui ne lui était pas familière, ainsi que par ses souvenirs déchirants qui se mêlaient à l'amertume des évènements de la journée, ne voulait plus bouger. Il contemplait la jeune fille qui se calmait dans bras, sans savoir quoi faire d'autre. Puis, il finit par reprendre la parole, d'une voix douce qui lui était décidément peu commune :

― Vous devriez aller vous reposer, Lyina, dit-il. Demain matin, nous mettrons les voiles vers Nhom Lutt Pan. Je tiens à ce que vous soyez en état de tenir la barre...
Lyina avait l'air d'aller mieux, c'était l'essentiel. La jeune femme releva la tête et planta son regard dans celui d'Anubis. Ce dernier souriait vaguement, mais le fond de ses yeux reflétait un océan noir de mélancolie, où une houle de tristesse amère et sombre répandait les échos d'une solitude abyssale...
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Lyina Neluira
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Localisation : Au plus profond de mon oeil droit que je me suis enlevé...

MessageSujet: Re: La Bête, la Concorde et le Pacte   Mar 17 Jan - 21:30

Comme j'étais bien ainsi... Le froid de ma tristesse se dissipait par la chaleur d'Anubis. Aussi étrange que cela pouvait paraitre, Anubis avait à ce moment du moins le corps chaud. Peut être était-ce à cause de l'effort et du Réveil de la Bête au cours de la bataille qu'il venait de se produire.
A cet instant précis, j'aurais énormément aimé être beaucoup plus proche, plus intime avec Anubis, qu'il n'y ai pas cet solidité froide de sa part, mais plutôt un partage de sentiments, qu'il me sers fort contre lui.
Je ne m'étais jamais mise à penser à de telles choses, à avoir un tel espoir, un tel souhait. Que ce soit avec lui comme avec un autre. Pourtant, j'ai souvent été proche des hommes. Même étant enfant, encore sur mon île, je m'amusais plus avec les garçons qu'avec les filles. Et ici, sur ce navire, je passais le plus clair de mon temps à taquiner et rire -ou faire rire- avec les hommes d'équipage. Etait-ce cela qui m'enlevait ces rêves féminins de grand amour, de prince loyal et fort aimant et à aimer? Etait-ce le fait d'être proche des hommes dans le sens d'être comme voir pire qu'eux qui me supprimait cette part d'amour réel, plus qu'amitié? Je ne voyais pas d'autres possibilités, j'en concluais que ce devait être ça.
Et voilà cette part de féminité qui se réveillait avec l'homme le moins bien placé pour être le chevalier serviable et aimant. L'homme le plus froid du monde. A moins que c'était cela que j'aimais? L'impossibilité? L'impasse? Faire d'Anubis, mon Capitaine, mon chevalier? Non, il n'aurait jamais été cela. Je n'ai jamais été cette petite fille niaise. Il aurait été mon prince noir, le héro ténébreux et rude que tout effrai, l'homme cachant son coeur au monde, et que j'aurais essayé de trouver, de toucher pour lui prouver à lui-même sa présence.

Qu'avais-je donc? Comment pouvais-je me mettre à penser à de telles choses? Comment? Et pourquoi?

Toutes mes pensées furent mises de côté lorsqu'il posa sa main sur mon épaule. Sa main, elle, était fraiche à froide. Cette petite froideur me ramena assez vite à la réalité. Mais j'avais réussi à calmer mon chagrin. Le silence fut brisé.


- Vous devriez aller vous reposer, Lyina. Demain matin, nous mettrons les voiles vers Nhom Lutt Pan. Je tiens à ce que vous soyez en état de tenir la barre...

Sans prendre peur de le regretter par la suite, je releva la tête pour le regarder. Il y avait un léger sourire sur son visage, mais ses yeux étaient pleins de sentiments contraires à ce sourire. Tristesse, colère, amertume, regrets? Je ne savais.
Tenir la barre... Oui, il fallait que je la tienne, que je la reprenne en main. Mes rêveries quasi-mieleuses avait été comme une tempête, et j'avais commencé à perdre le contrôle du navire. Mais tout coulerai si je ne montrait pas plus de courage et de force. Je devais me ressaisir, reprendre la barre en main. Ce que je fis, avec une pointe de mon humour habituellement connu.


- Je n'ai encore jamais perdu connaissance en étant à la barre, Capitaine. Je ne compte pas inaugurer cela.

Mon sourire était revenu.

- Nhom Lutt Pan... C'est les garçons qui vont être contents. Enfin pour eux une occasion de picoler sec sans se soucier d'être en état de manoeuvrer un navire.

Je ris légerement. Je profitais de chaque escale de ce type pour taquiner l'équipage sur l'alcool, n'aimant pas ça. C'était sans doute les seules taquineries dont ils se passeraient, des fois.

Je m'arrêta de rire sans laisser fuire ma petite bonne humeur de nouveau.

- Veuillez m'excuser pour ça. Pour tout ça. Je ne sais pas ce qu'il m'a pris. Je crois qu'en effet, je devrais aller me reposer...

Je recula vers la porte.
Ma féminité ayant fait surface, je termina sans trop réfléchir à mes paroles, qui étaient tendres telles des paroles de mère :


- Reposez-vous aussi Capitaine, vous semblez en avoir un peu besoin également.

Une mère. Il étai vrai que j'étais la seule femme du bateau. Une femme n'a pas pour instinct de veiller sur ses enfants, son mari, les gens qu'elle aime? Cela était vrai. J'aimais prendre soins des membres d'équipage, de mes amis. Anubis pouvait très bien y avoir droit, au fond...

Je saisi la poignée de la porte et l'enclencha.

J'avais ris.
J'avais souris.
Je souriais encore.
Mais mon coeur était encore à battre sur mes pensées rêveuses.
Quelle folie.

Sortant de la cabine du Capitaine en y étant entré l'air énervée et presque sûr, presonne ne vint, n'osa me demander ce qu'il c'était passé. Au fond, il vallait mieux que personne ne sache.
Avant de descendre dans ma petite cabine -étant la seule femme, j'y avait eu droit-, je monta à l'arrière du Léviathan, ma barre non loin. C'était de loin l'endroit où je passais le plus de temps.
Les nuages s'étaient levés. Ils étaient nombreux et semblaient assez épais. Le vent s'était levé également.

J'avais la tête dans les nuages. Il pleuvait dans mon coeur.
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Anubis Thorgana
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MessageSujet: Re: La Bête, la Concorde et le Pacte   Sam 28 Jan - 16:15

― Reposez-vous aussi Capitaine, vous semblez en avoir un peu besoin également.
Et Lyina sortit de la pièce, aussi vite qu'elle y était entré. Anubis n'avait pas dit un mot de plus. Il l'avait regardé partir comme l'on regarde s'éloigner un bateau à l'horizon, lorsque l'on est demeuré sur la berge. Il ignorait ce qu'elle avait pu ressentir à ce moment-là, mais il devinait quelque chose d'intense et de peu commun, si bien que lui-même s'en trouvait quelque peu bouleversé. Il demeurait seul, debout dans sa chambre, sans vraiment savoir quoi penser ni quoi faire. Il se sentait tellement seul...

De longues minutes s'écoulèrent, durant lesquelles il ressassa les différents sentiments qui l'avaient traversé durant cette pénible journée. Puis il se décida à souffler les bougies du chandelier posé sur son bureau, plongeant la totalité de la chambre dans l'obscurité. Il retira sa chemise, défit sa ceinture et s'allongea sur son lit. Une violente quinte de toux le secoua de part en part, l'obligeant à attraper une seringue proche pour se faire une nouvelle injection de drogue. Après quoi il se saisit d'une bouteille de rhum qui dormait paisiblement sous sa couchette, et commença à en prendre de grandes gorgées. Le liquide artisanal le réchauffait agréablement, et son esprit fatigué ne tarda pas à se brouiller. Une larme coula sur sa joue. Il se sentait si seul...

Par la fenêtre, la Lune timide dardait de ses rayons gris le mur opposé où trônait un étrange tableau où les nuances de noirs se mêlaient dans un obscur tourbillon démoniaque. En cet instant, Anubis ne rêvait que de se noyer dans ce tableau. Mais ce fut bientôt le sommeil qui l'emporta, au moment où il songeait que d'ici quelques jours, il atteindrait Nhom Lutt Pan...
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La Bête, la Concorde et le Pacte

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