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 Kira N., Histoire d'un Départ.

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Kira N.
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Messages : 35
Date d'inscription : 10/05/2011
Age : 25
Localisation : Bois de Boulogne (pour l'instant !)

MessageSujet: Kira N., Histoire d'un Départ.   Sam 14 Mai - 10:57

La Plaine était un comme le plus vaste endroit du monde. Ce champ à perte de vue était sûrement
la plus belle chose qu'il ait existé ici-bas. La verdure fulminait de pureté ; une éclatante mer
d'herbe grasse, qui faisait trembler ses millions de vagues au gré du vent.
J'aimais la liberté que symbolisait ce lieu : immense, vague, sans loi, presque sans hommes, sans machines et autres abominations sociétaires. Avant d'atterir dans ce paradis terrestre, si nous étions sur Terre bien évidemment, il me semblait que j'avais parcouru une liasse de kilomètres. J'avais vu défiler
devant mes yeux les innombrables villes d'Haldaran, et, j'en étais presque sûr, tous les visages qui
composaient la race humaine. Je m'étais identifié à chacun, me servant de leur apparence et de leur
personnalité comme d'un subterfuge, et ainsi voiler la face des habitants que je volais. J'aimais
"tracer ma route", avaler les Montagnes, traverser les fleuves, déambuler en vieil escroc dans les rues
d'Abel ou de Louhne, monter clandestinement dans des bâteaux mal-famés, échapper à la surveillance de ceux qui ont cru m'avoir attrapé. Mais ma victoire préférée était, et de loin, d'avoir "élu domicile" dans la
Grande Forêt. Il m'avait suffi de quelques morceaux de bois, d'outils de mauvaise qualité dérobés à
la va-vite, et d'un minimum de force pour me construire un bivouac digne d'un touareg. Sedentaire. Au final, j'étais moi aussi un "touareg" de La Plaine. Et ça m'allait très bien. Entre deux arbres, j'avais suspendu un plafond de branches entrelacées, matelassées de grandes feuilles épaisses. La corde qui tirait ce plafond vers le ciel, comme un mécanisme de poulie, s'entortillait dans les hauteurs de l'arbre noueux. Il y avait très peu de bois solide, ici, mais suffisamment pour me permettre d'ajouter trois cloisons à mon hâbitat, signant ainsi ma détermination.
Je n'y laissais jamais grand chose. Parce que malgré le coin stratégique que j'avais choisi, le banditisme
courrait à perdre haleine dans la Plaine. Reculé et ayant un panorama à 360° sur les alentours, je scrutais chaque environ dans le moindre détail. Les biens que je volais étaient constamment laissés sur moi et je ne laissais dans mon refuge que l'inutile et les objets sans valeur. Ainsi, si un mécréant parvenait à découvrir ma cache durant mon absence, il n'y trouverait qu'un morceau de pain rassis, une couverture de laine trouée et une vieille hache érintée de travail.

Aujourd'hui, il ne me restait que quelques heures de marche pour arriver à Heloron, Capitale du Commerce. J'aimais me rendre dans cette ville, pour la simple et bonne raison que je ne revenais jamais les mains vides. Question de survie. La vigilance des marchands étant trop prise par les frittages singuliers, je pouvais aisément, entre deux "mon poisson est plus frais que le tien", chaparder une ou deux queues d'espadon et m'enfuir sans demander mon reste. Bien que je ne rafolâs pas de la chair de cet étrange poisson, étant condamné à manger les aliments crus, j'étais le plus heureux des hommes lorsque je revenais d'Heloron. Si je m'y rendais environ deux fois la semaine, j'avais ma nourriture quotidienne. Mais c'était, bien que plaisant, trop simple à mon goût. Voler sans danger n'a aucune importance. Alors je me suis mis à dérober, non sans grande prudence, les biens de valeur. Un bourgeois sortait une belle montre à gousset dans la rue ? Cinq minutes plus tard, elle se retrouvait dans ma besace. Il n'avait suffit que de quelques secondes, échanges de regards, belles paroles. Cela marchait à merveille. Plus tard, lorsque j'avais amassé une collection imposante, je partais en direction du Sud-Ouest, là où les Pirates font régner leurs lois. J'étais particulièrement habitué à négocier avec eux. Voyageurs de mer et d'air, je parvenais souvent à les éblouir de mes trouvailles terrestres. Et je repartais avec de l'argent à foison. Cela me permettait de faire quelques poses de non-rapt. Beaucoup moins palpitant mais tellement honnête !!
Mais rapidement, je repartais chaparder. Je transportais aussi quelques habits avec moi. Ils me servaient de leurres, pour mieux engloutir les cibles que je m'étais choisies. Et aujourd'hui, je serais un fier noble, souhaitant acheter une horloge en or. Allais-je trouver ce que je cherchais ? Les défis étaient multiples et diverses, et je me plaisais à réunir des choses parfaitement inutiles à ma personne. C'était tellement risible de voir à quel point l'homme était attaché à l'objet. Tellement risible. Et j'aimais lui ôter ce non-sens.

Le chemin était plat et je ne croisais que quelques hommes d'élevage, en sens inverse, leurs charettes vides. Drapé de ma longue cape sombre, je marchais d'un pas régulier, évitant de lever le regard vers ceux que je rencontrais. La discrétion était maître-mot et je me devais de ne pas attirer l'attention sur moi, que ce soit en ville ou à l'extérieur. Jamais un homme ne me ferait face deux fois. Ainsi, j'évitais d'être démasqué et d'attirer les soupçons sur ma personne et mon activité de marginal. J'ai vu de nombreux individus, voleurs de surcroît, être passés à tabac par des habitants complètement engraînés par la Société d'Haldaran. Jamais cela ne m'arriverait. Je rabatais une mèche de cheveux sur un de mes deux yeux, cachant ainsi la différence originelle que mes géniteurs m'avaient transmise. Mes yeux vairons étaient indéniablement une marque distinctive de mon passé. Et je ne pouvais m'en débarasser, à mon grand regret. Silencieux comme un fantôme du désert, j'avançais à vive allure. Enfin, avant la tombée de la nuit, j'arrivais aux Portes d'Heloron. Je souris. Happy day. Je m'engouffrai dans la rue, telle une ombre malsaine.


[Arrive à Heloron]
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Kira N., Histoire d'un Départ.

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