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 Kira N., Avancée en Terre Connue.

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Kira N.
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Messages : 35
Date d'inscription : 10/05/2011
Age : 26
Localisation : Bois de Boulogne (pour l'instant !)

MessageSujet: Kira N., Avancée en Terre Connue.   Sam 14 Mai - 11:28

Cette nuit, je décidai de ne pas m'attarder dans un seul endroit. Malgré moi, ce que je projetai de réaliser ne pouvait s'effectuer qu'au grand jour, lorsque les rues seraient bondées de marchandises et de cris. Je me posai donc dans un cul-de-sac sombre, sous les fenêtres éteintes d'un building aux pierres rugueuses. Là, j'attendis sans fermer l'oeil. Je dormais très peu, souhaitant vivre d'escroqueries surêment toute mon existence et en profiter un maximum. Je plissai les yeux en réfléchissant. Si je pouvais m'attaquer aux grands de ce pays, je ne serais que fier de moi-même et de ma race. Un humain qui tentait de donner une leçon à un autre, quelle magnifique raison de vivre. L'ironie macabre était ma plus grande passion, en dehors de détruire les Aristocrates. Je souris et enfouis ma tête encapuchonnée dans mes bras. Quelques heures plus tard, au beau milieu de la nuit, je changeais de lieu, ayant vu passer plusieurs gardes policiers au bout de la ruelle.
Prudence est mère de sureté, dit-on. Ce devait être une phrase pleine de sens pour qu'elle soit utilisée en toute circonstance. Je me levais doucement, sans bruit, et repartis en longeant les murs, ma cape flottant autour de moi. Je pouvais facilement passer pour un mendiant, sans-abri, sale et déconfit de mon existence. Mais comme toujours, je marchais la tête basse. Je finis par arriver au Port, où quelques travailleurs acharnés continuaient de dénouer des filets piégés. Je remarquai que deux-trois bâteaux de pêche reposaient sur des socles en bois, sortis de l'Océan pour quelques réparations. Discrètement, je m'approchais de l'un d'eux et soulevai la bâche grisâtre. J'épiai chaque son et enjambai le bord de l'embarquation rudimentaire pour y terminer ma nuit. Ayant déjà effectué cette opération, je savais que, le lendemain, il faudrait que je parte avant l'aube. Les pêcheurs arriveraient lorsque le Jour se serait levé et je serais alors dans une position délicate si on me voyait sortir, comme un clandestin, d'un de leurs outils. Je m'allongeai doucement et fermai les yeux.


La torpeur commença et les images commencèrent à défiler. Hélio étendu, à plat ventre sur le sol de cette maison damnée... Mon géniteur, tenant à la main l'empourprée tueuse, dague de mort... Ma riche de mère, les mains à la bouche devant la mare sanguinolente qui s'était deversée dans sa chère maisonnée... Le Destin qui s'était abattu, d'un coup fatal. J'ouvris les yeux, la sueur coulait sur mon front et je tentais de l'essuyer de mes mains moites. Cela faisait trois ans que ce cauchemard me hantait. J'évitais de fermer les paupières pour la simple et bonne raison que je ne voulais pas revoir ce passé désastreux et qui m'avait fait haïr le monde. Après ce défilé de souvenirs, une question me torturait toujours. Qu'était venu faire Hélio chez moi, cette nuit-là ? Etait-il venu pour me voir ? Etait-il venu sur ordre d'une Organisation de malfrats ? Ou bien par sa seule volonté de voler ma famille ? Je savais bien que je n'aurais jamais la réponse. Pourtant, sans relâche, je la traquerai. Je n'avais aucune idée de ce que devenaient mes parents et je n'avais aucune envie de le savoir, les ayant définitivement rayé de mon arbre généalogique. Pour moi, j'étais mon propre fils, mon propre père, mon propre Dieu et professeur. Il n'y avait que moi. De nombreuses fois, j'étais passé à Zhian, sous les traits d'un grand-père aveugle et fébrile, souhaitant se rendre dans tel ou tel lieu. Je n'y avais jamais croisé mes parents mais j'avais entendu mon nom de marquisat à plusieurs reprises dans des conversations passantes.

FLASH BACK
" Saviez-vous que Monsieur Le Marquis de Monquisard avait fait une demande au Conseil d'Haldaran pour lancer un avis de recherche concernant le jeune Nathaniel ? "
" Encore ? Mais sait-il que cela ne mènera à rien ? Voici deux ans que son fils s'est enfuit ! Jamais le Conseil ne lui accordera une faveur aussi méritante si il n'a pas été capable de gérer sa propre famille ! Comment peut-il prétendre être à la tête d'Universités de renom avec une telle tragédie ? C'est bien beau de porter un titre de noblesse, mais la sottise est la même. Un adolescent, ça se maîtrise. "
" Vous avez des enfants, M. Boisse ? "
" Certainement pas ! "
" C'est pour cela alors que vous pensez comme un coincé de la Société. Parce que je peux vous assurer que la tristesse est de mise lorsqu'on perd un être de la sorte. Quoi qu'on ait fait, on l'a toujours mauvaise. Et si le Conseil ne peut pas donner suite à sa réclamation, je suis persuadé qu'il a ses raisons. Et qu'elles sont autres que la mise à mal de la fonction de M. Le Marquis !"
" Vous semblez bien impliqué dans ce malheur, Monsieur ! Vous me faîtes rire. "
" Et vous croyez que Mme La Marquise de Monquisard rit aussi dans son lit, elle ? Les médecins sont inquiets et pensent qu'elle a attrapé une maladie du Diable. Une espèce de... déprime des esprits. "
" Déprime des esprits ? Je dirais plutôt une gastro moi. Ou bien une diarrhée. J'hésite. "
" Vous êtes pitoyable. Vous verrez lorsque quelque chose de semblable vous arrivera. Vous verrez que la famille, ça ne tient qu'à un fil. "
" Ca ne risque pas, Monsieur ! Ma famille, ce sont mes tubes à essai, et je n'utilise pas de fil ! Bonne Journée !"

END FLASH BACK
Il y a de cela un an, j'ai donc appris que ma mère se mourrait et que mon père tentait de me retrouver. Cela ne m'a inspiré aucune compassion. J'avais juste envie de les détruire, encore plus, comme ils avaient détruits mon enfance. "Chaque pas est un Destin de Fatalité." Le pas de trop était la Mort de mon ami.

Le Jour se lèverait dans une heure. En essayant de ne pas faire tanguer le bâteau sur ses trépieds, je revêtis mon hâbit d'aristo : un col de soie violine bien ajusté, costume de grande qualité, des chaussures de cuir un peu trop larges pour moi, une postiche en crin de jument grisonnante, moustaches et barbes vieillies ainsi qu'une paire de gants de cuir blanc. Pour la touche finale, je mis en place un monocle sur mon oeil bleu. J'avais l'air d'un riche vieux-jeu, qui continuait, malgré les innovations, à s'habiller comme à l'Epoque des Rois. Peu importe. Je me fondrais dans la masse. J'enfouis ma cape et effectifs sous mes vêtements, signe d'un embonpoint cuisant, et sortis discrètement.
J'allais directement dans la rue, encore déserte. Une vieille femme posa sa canne sur le mur extérieur de sa maisonnée et déversa, à grand coup, l'eau d'une bassine d'acier dans les égoûts. Calculant mon coup, je m'avançai à la hauteur de son jet et attendis sa deuxième rafale d'eau sale. Cela ne manqua pas. Mon pantalon fut inondé et la vieille femme se répandit en excuses, remarquant mon habit de noble.

- Pardonnez-moi ! Oh pardonnez moi, Monsieur ! Je...
En tentant de sourire et de jouer à fond la carte du vieux bienfaiseur, je fis des gestes d'approbation. Elle m'invita alors à prendre un café pour s'excuser. Poliemment, je refusai et la laissai rentrer chez elle. Par la tournure des évènements, la femme avait oublié sa canne sur le rebord et je m'en saisis. Ce qu'il ne fallait pas faire pour complèter un déguisement... Lorsque je partais pour ce genre de vols, je m'assurais toujours que je ressemblais bien à celui que j'avais voulu imiter. Et c'était une réussite. Le costume du "vieil aristo croutonneux" était une victoire et je m'en servirais à nouveau. Je posais bien ma main sur le dessus de la canne, pour éviter que les soupçons ne s'éveillent : un riche se promenant avec une vulgaire canne en bois sans paumeau doré, c'était très étrange non ? Clopinant, je longeais la rue, attendant la venue du Marché qui allait satisfaire le voleur que j'étais.






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Kira N.
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MessageSujet: Re: Kira N., Avancée en Terre Connue.   Jeu 19 Mai - 13:01

J'avançais silencieusement, faisant semblant d'être un vieux rabougri à l'air diplomate. Courbant l'échine à m'exploser la colonne vertébrale, je jouais mon rôle autant que je pouvais. La ville d'Heloron battait son plein. Les cris des marchants installés le long de la rue principale fusaient de tous les côtés, si bien que j'avais la nostalgie de ma valeureuse et silencieuse Plaine. Feignant de perdre l'équilibre à chaque fois qu'un jeune me bousculait, je grognais, ronchonnant, dans mon sous mon costume d'aristo de la Seconde Guerre. Grimaçant sous ma postiche, je me dandinais, paraissant m'intéresser aux étals. Il n'y avait pas à se méfier d'un vieil homme bien élevé, non ? Un commerçant étalait devant les passants une mutlitude de clefs, en bronze des carrières, disait-il. J'inspectais minutieusement un des précieux objets et m'aperçus, en écaillant discrètement de l'ongle le métal, que ce n'était que du vulgaire fer. Bien que je ne m'intéressâs pas à ces ustensiles, ni même à ce qui les composait, je trouvais que la supercherie était bien médiocre. S'il suffisait de gratter un peu pour découvrir le mythe, c'était bien inutile de prendre de tels risques de tromper son monde. Je souris à l'homme qui gonflait son torse d'une manière extravagante, fier de sa tricherie. Je ris intérieurement et continuai ma route. J'arrivais près d'une odeur de fumet qui éveilla instinctivement mes sens. Toujours en alerte, j'observai les alentours. Rien ne présageait un imminent dévoilement de ma personne. Je m'approchais alors des étals avec curiosité et découvris avec stupeur que ce que j'avais repéré était une laie rôtissant dans un four extérieur. Elle était bien trop grosse pour être emmenée discrètement ! Pourtant, mon ventre ne me trompait pas. J'avais bel et bien une faim de loup ! Et même d'ogre ! En homme respectable, je demandais le prix à la commerçante. Elle me répondit une somme beaucoup trop élevée mais je ne laissais rien paraître. Je lui fis un numéro pitoyable, prétextant mon mal de dos effroyable et mon manque d'argent en liquide. Comprenez, j'ai laissé le reste chez moi, dans ma Villa près du port ! Elle souriait, j'avais gagné ! Exactement comme je l'avais imaginé, elle demanda à son fils, Krys-14 ans, de m'accompagner chez moi avec la laie. Je donnerai l'argent à son fils par la suite. Elle ne me posa aucune question sur le fait que ce soit au vieil homme noble, qui devait bien avoir un fils ou même des domestiques, de faire les courses de ravitaillement. Pleine de bonté, elle se contenta de sortir du four l'énorme bête et de l'envelopper dans des bouts de papier, pour qu'elle soit moins brûlante. Pourquoi avais-je décidé d'emmener pareille chose avec moi ? C'était bien trop encombrant et visible... Trop tard. Déjà, le jeune page se tenait derrière moi, portant dans ses bras chétifs le porcin.

- Ca va mon garçon ? Ce n'est pas trop lourd ?
- Non Monsieur. Vous savez, ce n'est pas la première fois que ma mère m'envoie porter des provisions aux clients.

Je tentais de faire la conversation sans rien changer à mon attitude, boitillant avec toujours autant de conviction. Le fait que je lui parle me permit, d'instinct, à le faire arriver à ma hauteur. Ainsi, nous marchions côte à côte. Je l'emmenais sur un trajet tout calculé, sortant du Marché, allant dans des endroits de la ville très peu fréquentés, assurant le gosse que la villa n'était plus bien loin. Il n'avait pas paru peureux, ni même intéressé par quoi que ce soit. Et il n'avait posé aucune question sur notre éloignement ! Car en effet, nous étions bien loin du Port et nous nous enfoncions dans une partie quasi-inhabitée de la ville. Une ruelle sombre, et le tour serait joué. Toujours sur des principes très calculés, je réussissais mes coups à l'avance.

- Nous sommes bientôt arrivés, mon Garçon. Plus que cette ruelle et...

Soudainement, je le saisis par l'épaule et le projeta en avant. J'avais jeté la canne et étais redevenu le jeune homme fougueux, Kira N. Avant que le gamin ne fasse un bruit assourdissant et n'alerte les alentours, je me retrouvais derrière lui et serrais une fine cordelette autour de sa gorge. De peur, l'enfant jeta la laie sur le sol pavé et sale, mais dans ces circonstances, peu m'importait. La cordelette tendue, la tête du jeune page commença à devenir sanguinolente. Je me penchais à son oreille et lui murmurai :

- Je dirais à ta mère que tu as aidé un pauvre homme, cher enfant. Merci pour cette offrande.

Je vis ses deux mains se joindre et il leva les yeux vers le ciel. Cette prière désespérée me mit hors de moi et je mis fin à son supplice, serrant la corde. Ses jambes se dérobèrent sous son poids et je me penchais vers sa poitrine avant d'enlever la meurtrière rougie. Les yeux vides et exorbités, l'âme du gamin
avait disparu de toute surface terrestre et j'en eus la confirmation par le silence de son coeur. Là, j'ôtais la cordelette et la rangeais dans ma besace. Guettant toute trace de présence humaine, j'enlevais mes effets et les plaçais sur le corps gisant contre un mur de la ruelle. Je remis ma cape sur mes épaules, la replaçai
sur mes yeux vairons et enfouis la laie sous mes minces vêtements. La prise d'aujourd'hui était si magnifique que je me décidais à rentrer. Je sortis doucement de la ruelle, sans aucun regard vers le meurtre que je venais de commettre. Parce que, si pour certains c'était la volonté de Dieu, pour moi, c'était le chatîment que j'infligeais partout où je passais. Et c'était ainsi, sans retour possible. La mort était chose commune de la vie.














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