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 Kira N., Retour en zones d'ombres.

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Kira N.
Métamorph

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Messages : 35
Date d'inscription : 10/05/2011
Age : 25
Localisation : Bois de Boulogne (pour l'instant !)

MessageSujet: Kira N., Retour en zones d'ombres.   Jeu 26 Mai - 9:55

Silencieusement, je m'éloignais de la ville foisonnante d'Haldaran, reprenant la route que j'avais emprunté le jour précédent. Il devait être aux alentours de midi lorsque je me posais dans un coin reculé de la voie. Là, je m'assis à même le sol, ma cape me servant d'assise, et dégustais la laie encore tiède. C'était un véritable régal et je ne voulais prendre le risque de me la faire voler à mon tour. Après tant d'efforts, quand même. Puis, je me mis à réfléchir à mon expédition du jour. Je n'avais pas dérobé d'objet de valeur qui aurait pu me valoir un marchandage auprès de la piratrie des îles du Sud-Ouest.
- Hum...
Cette activité me permettait majoritairement d'être convoité par mes talents de voleur par ces bandits. Car un jeune homme qui déballait des objets dorés à souhait et véritables alors que son apparence laissait à penser qu'il n'était pas très honnête ni plein aux as, c'était voué à un préjugé immédiat. Enfin, préjugé... Vérité plutôt. De nombreuses fois, ces adeptes de l'air et des eaux m'avaient demandé de rejoindre leurs rangs et j'avais refusé, préférant agir seul. Hélio s'était enrôlé dans une organisation et était mort avant d'accomplir ce pour quoi il avait été conçu : mener sa vie comme il l'entendait. Et je ne voulais pas subir cette tragédie. Mon refus aurait pu engendrer des représailles, mais ils n'en firent rien. Peut-être pour continuer à accéder à mes trouvailles, je ne sais pas. Heureusement, il me restait un objet de taille. Un petit engrenage. Je le sortis et l'observai. Je ne me rappelais plus de l'endroit où je l'avais volé, ni de quel objet principal il faisait partie. Néanmoins, il devait être plus précieux que n'importe quoi. Je le levais devant mes yeux et les rayons du soleil le traversèrent. De quelques centimètres de diamètre, l'engrenage était d'un éclat puissamment doré et illuminait de pureté. J'étais révolté contre toute forme d'innovation de la société et cet objet que je gardais avec moi était une victoire contre elle. A part lui, je n'en avais jamais vu de cette couleur. Le fer était majoritaire dans les constructions de cette sorte. Je le fis valser d'un doigt à un autre et finis par le ranger dans ma besace. La laie avait diminuée de moitié tellement ma faim était grande. Je sortis une dague et la découpais en quelques morceaux et l'enfouis à nouveau sous ma cape. Je repris la route sous un soleil de plomb, me dirigeant vers la Plaine du Nord. Je n'avais aucune idée de ce que j'allais faire par la suite. Je m'ennuyais fermement. Il fallait que je trouve vite quelque chose pour m'occuper.

Je croisais des marchands de bétail sur la route qui partaient les vendre dans une ville proche. Soudainement, j'eus une idée. Stupide mais qui me permettrait de me bouger un peu. Des champs bordaient la voie, séparés par quelques bois touffus. Je m'engageais dans l'un d'eux et repérais une vache seule, qui broutait sagement dans un coin d'ombre.

- Ma belle, tu seras ma couverture.
A une centaine de mètres, un homme s'appuyait sur un bâton, surveillant vaguement son troupeau calme. Il fallait que je trouve un moyen de tuer l'animal sans bruit. Mais un animal, c'était beaucoup moins prévisible qu'un être humain, et je ne pourrais l'empêcher de meugler. Silencieusement, j'analysais la position du coeur dans le corps immense du bovin. Le palpitant devait se trouver au dessus de la patte antérieure droite. Je plissais les yeux. Si je ne râtais pas mon coup, tout passerait inaperçu. Je sortis ma dague et l'essuyais avec le revers de ma cape. Le ruminant mastiquait ardemment et semblait ne pas vouloir bouger. Très bien. Ma dague affûtée, je la saisis entre deux doigts par la lame et visais le corps du bovin. Aucune barrière ne pouvait m'empêcher de réussir ce lancer. D'un violent mouvement de poignet, j'envoyais valser le long poignard dans la chair animale. Doucement, l'animal roula furieusement des yeux et s'écroula. Je sautais sur elle, fermant ses féroces mâchoires difficilement pour qu'elle fasse le moins de bruit possible mais malheureusement, le râle qui s'enfuit de sa gorge envahit l'atmosphère et ses congénères se mirent à semer l'apocalypse dans le champ. Agilement, j'arrachais ma dague de la masse morte et me ruais dans le sous-bois. Tapi derrière un arbre, je vis le paysan accourir et s'agenouiller auprès de la vache en criant :
- Hélène ! Hélène !
- ...
La sonorité de ce prénom me rappela celle de mon ami. Pendant un instant, je revis les évènements passés et j'eus la sensation désastreuse que je venais de le tuer, moi. Mon coeur sembla s'arrêter et j'en oubliais de scruter la scène. Reprenant mes esprits, je m'enfonçai encore plus et observai le paysan. Il pleurait. L'humanité était pitoyable. J'attendis qu'il parte pour chercher des renforts pour déplacer le bovin, et je réapparus aux côtés de l'animal. Ma dague soigneusement nettoyée, je la plongeais sous la peau tachetée et découpais toute la partie de son dos. Sanguinolante, la part arrâchée gouttait ses perles de liquide rouge. Précipitamment, avant que l'homme ne revienne, je pliais la peau de telle sorte à ce que le sang ne coule plus. Je repartis dans les bois et marchais longuement autour des champs. Je n'étais pas sorti de l'ombre et je m'appliquais à crocheter la chair pendante de ma dague. Humide, la robe blanche et marron était rougie à quelques endroits. Mes yeux se froncèrent à la vue de dizaines d'hommes qui venaient d'arriver sur les lieux, parlant bruyamment. J'étais à des centaines de mètres d'eux et pourtant, j'entendais leurs appréhensions. Quelques heures plus tard, j'enfilais enfin mon costume de bovin, prêt à faire un carnage "gentil" à ma manière. Je souris.







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Kira N.
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MessageSujet: Re: Kira N., Retour en zones d'ombres.   Dim 12 Juin - 8:56

Les vaches semblaient bien paisibles, malgré le décès de l'une des leurs. Elles s'étaient complètement calmées, s'étant dispersées dans tout le champ quelques heures auparavant. Après tout, elles étaient des animaux, c'est-à-dire qu'aucune humanisation sentimentale n'était envisageable. Elles vivaient pour manger, dormir, se reproduire et donner aux hommes une raison de vivre, un moyen de survivre. Mais ce paysan devait être un trop grand propriétaire de bovins, éleveur arrogant aux prétentions bien nobles. Comment pouvait-on espérer devenir haut-placé dans la société en faisant pareil métier ? Je soupirais. Les hommes étaient décidément plein d'espoirs stupides. Ramenons-les à la dure réalité.
Furtivement, je me dirigeais vers un groupe de bovins, masqué sous ma peau tâchée de sang. Il fallait que je fasse disparaître ce rouge, le plus possible. Il attirerait très vite l'attention des paysans qui s'étaient rassemblés beaucoup plus loin, devant la masse sanglante de sa très chère "Hélène". Les bovins aimaient être en groupe. C'est vrai qu'humainement parlant, les êtres préfèrent se sentir protéger. Une façon très égoïste de vivre et de faire la loi du plus fort. Sauf qu'aujourd'hui, ce serait moi le vainqueur. Je m'approchais contre le flan d'un ruminant, trop occupée pour faire la différence entre mon odeur d'humain et celle de la peau de sa congénère. Dissimulé entre trois-quatre robes tachetées, je donnai alors avec rage de violents coups de dague dans les coeurs des bovins. Sous les chocs, elles s'effondrèrent dans des mugissements tonitruants, alertant au passage les paysans. Conscient et prévenant de cela, je sortis de l'amas de cadavres frais en souriant et me lançai sur d'autres bovins. Mais rapidement, la situation devint vite impossible.
Les paysans sortirent armes tranchantes en hurlant et se dirigèrent vers moi, toutes lames dehors. Les vaches se rendirent vite compte que quelque chose ne tournait pas rond. Elles se dispersèrent, avec leur pas maladroit. J'eus énormément de mal à en atteindre quelques unes alors que les hommes se rapprochaient dangereusement. Je me débarrassais de cette cape animale de fortune et sautai dans les sous-bois, avec le sentiment qu'ils n'allaient pas en rester là. Courant à perdre haleine, je finis par atteindre un conifère que je tentai vainement de grimper. Ma dague sanguinolente me trahissait par les traces rouges qu'elle laissait sur mon chemin Au bout d'un moment, je réussis à monter dans l'arbre épineux et à me hisser sur une branche, à califourchon. Mon bras saignait car dans ma montée, je m'étais égratigné contre l'écorce. Du haut de ma branche, je vis la dizaine de paysans arriver à mon lieu de cachette. Ce fut quelques minutes d'angoisse qui s'écoulèrent tandis que j'espérais que leurs yeux ne se lèvent pas vers le sapin. Mais ils partirent, à mon grand soulagement, et je pus respirer à pleine bouffée l'air chargé de sang animal.

- Au moins, ça fera un pauvre de plus dans ce Monde.
Car en effet, j'avais fait un carnage de plus de quinze vaches sans m'en apercevoir tout de suite. Et j'étais fier.
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